À quelques heures de la rentrée, les équipes en charge des emplois du temps multiplient les arbitrages : la réforme qui porte le volume de travail des enseignants du degré supérieur de 20 à 22 heures par semaine redessine les équilibres dans de nombreux établissements et complique la confection des horaires.
Un casse-tête pour les "horairistes"
Établir un emploi du temps revient à concilier les disponibilités des professeurs, les options choisies par les élèves et les contraintes matérielles de l'école. Avec deux heures supplémentaires par enseignant à répartir, chaque case à cocher modifie une série d'autres allocations. À l'Athénée Royal de Mons, comme dans d'autres établissements, les réglages sont devenus plus délicats : la redistribution des charges crée des déséquilibres et exige davantage de concertation entre écoles.
Conséquences pour les enseignants
La hausse horaire entraîne plusieurs effets concrets :
- une redistribution des heures entre collègues, parfois au détriment d'enseignants déjà en déficit horaire ;
- une augmentation de l'incertitude pour les enseignants temporaires prioritaires quant à leur affectation (quelle école, quelle matière, quels élèves) ;
- la possibilité, pour une même matière, d'un partage des cours entre deux professeurs pour atteindre le nombre d'heures requis.
Les enseignants temporaires, qui chaque année se demandent où et sur quoi ils seront engagés, voient donc leurs questions renouvelées et amplifiées par la réforme.
Risques pour la continuité pédagogique
Le découpage d'une matière entre plusieurs titulaires soulève des enjeux de continuité pédagogique. Comme le relève le reportage, la répartition pourra conduire, pour un cours donné — le français par exemple — à ce que les élèves bénéficient d'un enseignant principal et d’un second intervenant pour atteindre les 5 heures hebdomadaires ou pour absorber les nouvelles plages horaires.
« une continuité pédagogique dont les contours restent à définir »
Cette observation illustre la préoccupation centrale : comment maintenir la cohérence des apprentissages lorsque plusieurs intervenants se partagent une même séquence hebdomadaire ? Les réponses pratiques (coordination des programmes, réunions de concertation, documents partagés) varient d’un établissement à l’autre.
Solidarité inter-écoles et adaptation locale
Face à ces contraintes, la solidarité opérationnelle entre ceux qui confectionnent les horaires fonctionne, selon le terrain. Les "horairistes" se concertent souvent pour permettre aux enseignants contraints de cumuler des heures dans plusieurs établissements, en prenant en compte les déplacements et les imprévus. Cette mise en réseau contribue à atténuer certaines tensions, mais ne supprime pas les difficultés structurelles induites par la réforme.
| Situation | Avant réforme | Après réforme |
|---|---|---|
| Volume horaire enseignants degré supérieur | 20 h | 22 h |
Les directions d'école et les services RH des établissements devront encore affiner leurs solutions, en particulier pour les postes précaires et les options choisies par les élèves. Dans l'immédiat, la mise en œuvre effective se fait dans la contrainte du calendrier : la rentrée approche et les emplois du temps doivent être prêts.
À moyen terme, la réforme pourrait aussi conduire à des ajustements organisationnels plus larges dans les lycées et athénées : répartition des heures entre les grades, renforcement de la coordination pédagogique, ou encore adaptation des offres d'enseignement pour limiter la fragmentation des groupes. Mais ces évolutions dépendront des choix locaux et des moyens alloués aux établissements pour accompagner la transition.