La réforme de l’enseignement portée par la ministre Valérie Glatigny continue de produire des effets visibles dans les classes de la Fédération Wallonie‑Bruxelles. Dans un témoignage relayé lundi, une professeure d’arts plastiques d’une école d’Auderghem, identifiée comme Pauline Baldewyns, décrit une réduction drastique de son temps de service et des conséquences financières et professionnelles qui en découlent.
Une perte d’horaire massive
Pauline affirme avoir « perdu environ deux tiers de mon horaire ». Cette diminution, résultant des mesures de la réforme, la contraint à revoir son organisation professionnelle : pour conserver un lien avec l’école et les élèves, elle complète désormais son emploi du temps par des heures comme éducatrice.
« J’ai perdu environ deux tiers de mon horaire. »
Le témoignage met en lumière deux dimensions distinctes mais liées de la réforme : l’impact sur la distribution des heures d’enseignement et les conséquences sur les rémunérations. Selon Pauline, les heures prestées en tant qu’éducatrice ne sont pas rémunérées au même tarif que celles d’enseignante, d’où une perte de salaire qui peut se chiffrer à plusieurs centaines d’euros par mois.
Mobilisation et inquiétudes persistantes
La professeure ne se contente pas d’un récit individuel : elle est impliquée dans la mobilisation des enseignants contre la réforme. En juin, elle et ses collègues se sont rendus au Parlement de la Fédération Wallonie‑Bruxelles pour interpeller la ministre et tenter de faire entendre leurs préoccupations directement au cœur des institutions. Selon elle, la colère et la détermination restent vives au sein du personnel enseignant.
Pour Pauline, la lutte vise à préserver non seulement les conditions de travail des enseignants, mais aussi l’avenir des élèves et le fonctionnement des écoles : « c’était très important pour nous que dans ce lieu de démocratie, la ministre puisse entendre directement comment ces mesures nous impactent », explique‑t‑elle.
Conséquences concrètes pour les enseignants
Le cas de Pauline illustre plusieurs effets concrets que d’autres enseignants évoquent également depuis l’annonce et la mise en œuvre de la réforme :
- Réduction des heures d’enseignement pour certains titulaires ou non nommés ;
- Réaffectation vers des fonctions éducatives ou d’encadrement, parfois moins bien rémunérées ;
- Perte de revenu mensuelle, évoquée comme « plusieurs centaines d’euros » dans ce témoignage ;
- Tensions et mobilisations persistantes auprès des autorités et au Parlement.
| Élément | Conséquence rapportée |
|---|---|
| Horaire | Perte d’environ deux tiers |
| Statut d’activité | Heures comme éducatrice en complément |
| Rémunération | Baisse, estimée à plusieurs centaines d’euros |
Ce portrait individuel interroge la mise en œuvre opérationnelle de la réforme et la manière dont elle affecte des personnels déjà engagés dans la mission pédagogique quotidienne. Les enseignants, notamment ceux qui ne sont pas nommés ou dont les horaires étaient déjà précaires, semblent particulièrement vulnérables aux ajustements décidés au niveau politique.
Questions ouvertes
Au-delà du cas de Pauline, plusieurs questions demeurent pour l’ensemble du secteur : comment compenser la perte de revenus pour les personnels concernés ? Quelle trajectoire professionnelle est proposée aux enseignants dont l’horaire diminue ? Quelles garanties pour maintenir la qualité de l’encadrement et des apprentissages pour les élèves ?
Les mobilisations et les démarches directes auprès du Parlement montrent que le dialogue entre le terrain et les décideurs reste tendu. Les réponses apportées par la ministre et son cabinet seront scrutées de près par les syndicats et les équipes pédagogiques, soucieuses de préserver à la fois leurs conditions de travail et la qualité du service éducatif offert aux élèves.
Reportage/Analyse pour la section Enseignement du desk NATIONAL, WE NEWS.