Une partie de l’opposition congolaise a appelé à une journée de mobilisation nationale après des heurts survenus lors d’une manifestation dispersée par la police à Kinshasa le mardi 15 septembre. Les rassemblements visaient à protester contre un projet de modification de la Constitution qui, selon les opposants, ouvrirait la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi.
Contexte et revendications
La plateforme d’opposition C64 a organisé la mobilisation pour dénoncer une réforme constitutionnelle envisagée par la majorité présidentielle. Aux yeux des opposants, ce changement constituerait une manœuvre visant à permettre au chef de l’État, âgé de 63 ans, de se maintenir au pouvoir au‑delà des deux mandats actuellement prévus par la Constitution congolaise. M. Tshisekedi arrive au terme de son second et dernier mandat en 2028.
Répression et bilan humain
Les manifestations ont été dispersées par des jets de gaz lacrymogène de la police. L’opposition a déploré la mort d’un de ses cadres à Kinshasa et évoque de nombreuses interpellations à travers le pays. Selon l’un des témoignages rapportés, il y a eu « un mort, plus d’une centaine de personnes arrêtées », ce qui illustre, selon certains acteurs civiques, une restriction de l’espace public.
- Date clé : manifestations dispersées le 15 septembre 2026.
- Acteurs : plateforme d’opposition C64, majorité présidentielle, police nationale.
- Bilan rapporté : un mort, plus d’une centaine d’arrestations (selon l’opposition).
Dialogue national et divisions
En parallèle des protestations, le président Tshisekedi a lancé une consultation qualifiée de dialogue national, présentée comme une grande concertation visant à réconcilier un pays régulièrement fragilisé par des crises politiques et sécuritaires. Mais cette initiative est rejetée par une partie de l’opposition, notamment parce que le processus prévoit d’associer — selon les organisateurs — des représentants du groupe armé M23, accusé de s’être emparé de territoires dans l’est de la RDC avec le soutien du Rwanda. Cette inclusion est jugée inacceptable par des opposants et des mouvements citoyens.
Voix de la société civile
Parmi les acteurs de la société civile, Fred Bauma, directeur exécutif de l’Institut Ebuteli et membre du mouvement citoyen Lucha, a été interrogé sur la situation. Il a pointé la répression des manifestations et le recul de l’espace public, constat partagé par plusieurs observateurs. Son témoignage souligne le climat de tensions qui entoure à la fois le projet de réforme et la tenue du dialogue national.
| Date | Événement |
|---|---|
| 15 septembre 2026 | Manifestations dispersées à Kinshasa et ailleurs; bilan : un mort, interpellations |
| 19 septembre 2026 | Lancement du dialogue national par le président (parallèle aux contestations) |
| 2028 | Fin du second mandat de Félix Tshisekedi |
Enjeux et perspectives
La controverse autour de la modification constitutionnelle traduit une fracture politique profonde. D’un côté, la majorité pousse l’idée d’un ajustement juridique ; de l’autre, une opposition et des acteurs civiques perçoivent ce projet comme une tentative de contournement des limites constitutionnelles sur les mandats présidentiels. Le lancement du dialogue national ne suffit pas à apaiser ces craintes, d’autant qu’il soulève des questions de légitimité et d’inclusions des acteurs armés.
Pour l’avenir proche, les éléments à suivre restent : l’évolution du projet de révision constitutionnelle au Parlement, la réaction de la société civile et des mouvements citoyens aux modalités du dialogue national, ainsi que l’attitude des forces de sécurité face aux mobilisations. Dans un pays dont l’histoire politique est marquée par des crises récurrentes, ces développements détermineront la trajectoire institutionnelle et la stabilité nationale dans les mois qui viennent.