Une publicité mettant en scène l’actrice américaine Sydney Sweeney pour la plateforme de paris Novig provoque une forte réaction dans le monde sportif. Diffusé depuis le 11 septembre, le spot montre l'actrice enchainant des gestes sportifs tout en dissimulant son corps avec du matériel. Plusieurs championnes et équipes françaises ont massivement riposté, estimant que ce choix de communication renvoie une image « régressive » et porte préjudice à la lutte pour l’égalité dans le sport.
Une publicité qui blesse des sportives en lutte pour la reconnaissance
La publication du spot a déclenché des réactions énergiques, notamment sur les réseaux sociaux. Les réactions mises en avant dénoncent une sexualisation du sport alors que de nombreuses sportives militent pour la même reconnaissance, les mêmes primes et davantage de respect dans l’espace public.
"Respectueusement Sydney Sweeney, voilà à quoi ressemblent les femmes dans le sport"
Ce message, publié par le compte officiel de l’équipe de France de judo sur TikTok, accompagne une vidéo montrant des athlètes à l’entraînement et en compétition. Le contraste voulu par les sportives est clair : là où la publicité met l’accent sur le corps et la séduction, elles opposent l’effort, la technicité et l’engagement.
Des voix de la scène sportive dénoncent le message
Plusieurs athlètes ont pris la parole pour exprimer leur désapprobation. La triathlète Mathilde Tily a qualifié la publicité d’« immonde », estimant qu’aucune somme d’argent ne devrait amener une femme à offrir une telle image alors que les sportives continuent de se battre pour des conditions équitables. De son côté, la handballeuse Sabrina Zazaï ne remet pas en cause le droit de l’actrice à tourner, mais critique le message véhiculé :
"Le problème, c’est une industrie qui semble encore penser que pour attirer l’attention sur une femme qui fait du sport, il faut forcément commencer par son physique…"
La controverse illustre une tension plus large entre logiques commerciales — ici les paris sportifs — et enjeux sociétaux autour de la représentation des femmes dans les médias et la publicité.
Qui est visé et quelles questions soulève la campagne ?
La publicité met en scène Sydney Sweeney, connue pour ses rôles à l’international et présentée comme actionnaire de la plateforme Novig. Le spot se présente comme une mise en scène de disciplines sportives, tout en recourant à la nudité partielle et à des objets sportifs pour masquer le corps. Les critiques portent sur plusieurs axes :
- la sexualisation d’une figure féminine pour promouvoir un produit lié au sport ;
- le message envoyé aux jeunes filles et aux pratiquantes, qui peut banaliser la réduction des sportives à leur apparence ;
- la responsabilité des annonceurs et des plateformes de paris dans le choix des codes publicitaires.
Plusieurs voix rappellent que le débat s’inscrit dans un contexte où les sportives réclament toujours plus d’égalité, tant sur le plan des salaires que de la visibilité médiatique et du respect institutionnel.
Réactions organisées et conséquences possibles
Si pour l’instant les réactions restent principalement symboliques et prises de parole sur les réseaux, elles peuvent conduire à des actions plus structurelles : demandes de retrait du spot, pressions sur les régulateurs de la publicité, ou campagnes de sensibilisation au sein des fédérations. Certaines fédérations et collectifs de sport féminin s’étaient déjà mobilisés dans les années récentes sur des cas similaires, obtenant parfois des rectifications ou des excuses publiques des annonceurs.
| Acteur | Prise de parole / plateforme |
|---|---|
| Équipe de France de judo | TikTok — vidéo opposant la réalité sportive au spot |
| Mathilde Tily | Instagram — message dénonçant le contenu |
| Sabrina Zazaï | Facebook — critique du message, pas du choix de l’actrice |
La polémique met en lumière un dilemme : entre liberté créative et responsabilité sociale, quelles limites doivent s’imposer aux annonceurs, surtout lorsqu’il s’agit de produits liés au sport et susceptibles d’influencer l’imaginaire collectif ? Les prochains jours permettront d’observer si Novig répond aux critiques ou si le débat s’amplifie, entraînant des réactions officielles du monde sportif et des autorités de régulation.