Des professionnels de la santé et des associations iraniennes tirent la sonnette d’alarme : la population connaît une détresse psychologique profonde, touchant toutes les générations, et l’accès aux traitements psychiatriques essentiels se détériore fortement. C’est le constat dressé par une enquête publiée par le quotidien britannique The Times, réalisée auprès de soignants, de patients et de citoyens en Iran.
Une souffrance diffuse, selon soignants et patients
Les personnes interrogées rapportent une hausse des problèmes liés à l’anxiété, à la dépression et aux troubles liés aux deuils et aux déplacements. Les témoins évoquent en particulier une augmentation des consultations et des prises en charge concernant les jeunes. Une infirmière d’un hôpital de Téhéran cite une forte progression des cas chez les moins de 25 ans, symptôme, selon elle, d’une génération dont la scolarité et les perspectives ont été fortement perturbées.
Des experts sonnent l’alerte sur les risques suicidaires
« La dépression et les suicides risquent d’atteindre des niveaux sans précédent », avertissait déjà en mai Hamid Yaghubi, président de l’association scientifique iranienne pour la prévention du suicide.
Ce diagnostic, rapporté par l’enquête, est mis en relation avec la conjonction de facteurs : conflits successifs, sanctions économiques, précarité accrue et climat de répression politique. Plusieurs personnes interrogées indiquent que l’impact psychologique des exécutions et de la violence d’État contribue à un sentiment d’abandon par la communauté internationale.
Pénurie de médicaments psychiatriques : une chaîne d’approvisionnement à bout de souffle
Le manque d’accès aux soins pharmacologiques vient amplifier la crise. Selon le The Times, des pénuries touchent notamment :
- antidépresseurs ;
- anxiolytiques ;
- antipsychotiques.
Le président de l’Association iranienne de psychiatrie, le Dr Seyed Vahid Shariat, a expliqué que la hausse des prix et les ruptures de stock limitaient l’accès aux traitements. Un responsable du ministère iranien de la Santé a, pour sa part, attribué ces difficultés à des contraintes sur les devises étrangères et à des perturbations des chaînes d’approvisionnement, notamment pour les matières premières importées d’Inde.
| Problème identifié | Conséquence |
|---|---|
| Pénuries de médicaments psychiatriques | Accès limité aux traitements essentiels, aggravation des symptômes |
| Crise économique et sanctions | Hausse des prix, difficultés d’importation de matières premières |
| Violence et répression politique | Traumatismes collectifs, sentiment d’abandon |
Conséquences et pistes de réponse
La convergence de facteurs économiques, politiques et sociaux crée un terrain favorable à l’apparition et à l’aggravation des troubles mentaux. Les professionnels cités estiment que l’augmentation des besoins se heurte désormais à des contraintes matérielles : absence ou rareté de médicaments, impossibilité d’importer certaines matières premières et pressions sur les services de santé.
Les acteurs de terrain mettent en avant plusieurs priorités, sans que l’enquête ne propose de plan exhaustif :
- renforcer la disponibilité des traitements essentiels ;
- prévenir l’isolement des personnes vulnérables, notamment des jeunes ;
- maintenir un suivi psychologique et des dispositifs de prévention du suicide malgré les contraintes.
Pour les autorités sanitaires iraniennes, citées dans l’enquête, les difficultés d’approvisionnement tiennent en grande partie à l’accès aux devises et aux perturbations logistiques liées au contexte régional. Le lien entre sanctions économiques et santé publique, déjà évoqué dans d’autres rapports, revient ainsi au centre des débats sur la protection des soins en temps de crise.
La situation décrite par The Times souligne la fragilité des systèmes de santé mentale face à des crises multiples et l’importance de garantir l’accès aux traitements et aux services de prévention. En l’absence de chiffres officiels détaillés publiés dans l’enquête, les témoignages d’experts et de soignants constituent cependant un signal d’alerte fort sur l’ampleur des besoins non couverts.
Article rédigé pour la rubrique Santé nationale et internationale. Les informations proviennent d’une enquête du quotidien The Times et des déclarations des professionnels cités dans ce reportage.