La note envoyée le 10 septembre par le secrétariat général de l’Enseignement catholique demandant de banaliser le vendredi 25 septembre 2026 dans les établissements sous contrat pour marquer l’arrivée du pape Léon XIV en France déclenche une controverse sur la place du religieux dans l’espace scolaire financé par l’État.
Le dispositif demandé par l’Enseignement catholique
Dans sa lettre, Guillaume Prévost, secrétaire général de l’Enseignement catholique, invite les établissements « associés à l’État par contrat » à faire de la journée du 25 septembre une « journée des communautés éducatives », une journée traditionnellement organisée en début décembre. La formule retenue est celle d’une journée de classe banalisée : « elle revêt un caractère obligatoire pour les élèves comme pour l’ensemble des enseignants et des personnels, au même titre que toute autre journée scolaire ; il revient à chaque chef d’établissement d’en arrêter les modalités pédagogiques », précise la note citée.
Réactions vives du CNAL
Le Comité national d’action laïque (CNAL) critique fermement l’initiative, estimant qu’elle porte atteinte à la laïcité et à la liberté de conscience des familles scolarisant leurs enfants dans des établissements sous contrat. Marie‑Laure Tirelle, secrétaire générale du CNAL, qualifie la démarche d’« inadmissible » et souligne qu’un secrétaire général d’un réseau ne peut substituer sa décision à la responsabilité des chefs d’établissement.
« Monsieur Prévost se prend pour le ministre de l’enseignement privé catholique »
Le CNAL rappelle que les directeurs d’établissement restent juridiquement responsables de l’organisation pédagogique et du respect du cadre contractuel passé avec l’État. L’organisation d’un temps scolaire visant explicitement à célébrer un événement religieux dans des écoles financées par l’État interroge le respect du principe de neutralité dans l’exercice du service public d’éducation.
Enjeux juridiques et pédagogiques
La polémique soulève plusieurs questions concrètes pour les établissements concernés :
- La compatibilité d’une journée obligatoire d’établissement avec la liberté de conscience des familles ;
- Le rôle et la marge de manœuvre des chefs d’établissement face aux consignes émanant du réseau ;
- La lisibilité du statut des enseignants contractuels invités à considérer cette journée comme un « temps de service ».
La note indique par ailleurs que la journée coïncide avec l’arrivée du pape en France, planifiée du 25 au 28 septembre 2026. Elle précise que la participation des maîtres « contractuels et agréés » peut être reconnue comme temps de service, ce qui pose des questions pratiques et statutaires pour les équipes éducatives.
Conséquences et pistes
Au‑delà de la querelle de principe, l’affaire pourrait conduire à des clarifications institutionnelles : nécessité éventuelle d’un rappel du cadre juridique entourant les écoles sous contrat, précisions sur la portée des demandes émanant des réseaux d’enseignement et rappel des droits des familles. À court terme, la décision de chaque chef d’établissement sur les modalités pédagogiques reste centrale.
| Acteur | Position |
|---|---|
| Enseignement catholique (Guillaume Prévost) | Demande de banaliser le 25/09 pour accueillir le pape |
| CNAL (Marie‑Laure Tirelle) | Condamnation : atteinte à la laïcité, « inadmissible » |
Le débat illustre la tension persistante en Belgique et en France autour de la manière dont les convictions religieuses s’articulent avec des dispositifs éducatifs financés par les pouvoirs publics. Les prochains jours devraient montrer si la demande se traduit par des mesures concrètes dans les établissements ou si elle suscite des interventions administratives destinées à rappeler leurs obligations.