Sciences

Le xylitol lié à une hausse du risque cardiovasculaire dans une large cohorte présentée à Munich

Une vaste étude allemande, présentée fin août à Munich, observe une augmentation de plus de 50 % du risque d’infarctus ou d’AVC chez les personnes aux concentrations sanguines les plus élevées de xylitol ; les résultats restent à confirmer dans des publications évaluées par des pairs.

Le xylitol lié à une hausse du risque cardiovasculaire dans une large cohorte présentée à Munich
©Illustration IA Thibault Godart / we-news.com

Une importante étude allemande présentée lors du congrès de la Société européenne de cardiologie, à Munich, suggère que le xylitol — édulcorant fréquemment utilisé dans les gommes, bonbons « sans sucre », dentifrices et bains de bouche — pourrait être associé à une augmentation substantielle du risque d’événements cardiovasculaires majeurs.

Les données et leur portée

Les chercheurs de l’Hôpital de la Charité à Berlin ont suivi 27 000 personnes pendant 30 ans et comparé les risques cardiovasculaires entre les participants présentant les concentrations sanguines de xylitol les plus élevées et celles les plus faibles (premier et dernier quartiles). Selon la présentation, les individus du quartile supérieur présentaient une hausse de plus de 50 % du risque combiné d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral par rapport au quartile inférieur.

Il s’agit d’une communication scientifique exposée lors d’un congrès. Les résultats n’ont pas encore, au moment de la présentation, été formellement publiés dans une revue à comité de lecture — étape nécessaire pour l’évaluation finale par la communauté scientifique et pour préciser méthodes et analyses.

Réactions d’experts

Des spécialistes présents à Munich ont jugé les données préoccupantes et dignes d’attention. Jean‑Claude Tardif, directeur du centre de recherche de l’Institut de cardiologie de Montréal, relevait la surprise suscitée par ces résultats :

« Les gens ne pensaient pas que ce type de solution de rechange au sucre était dangereux. Même s’il ne s’agit pas d’une étude publiée, c’est intéressant et potentiellement important. »

Ces observations s’ajoutent à des signaux antérieurs. En 2024, des équipes de la Clinique de Cleveland avaient déjà repéré une association entre le xylitol et un risque cardiovasculaire accru lors de l’analyse d’une cohorte initialement suivie pour une autre raison. Comme le souligne Stanley Hazen, auteur principal des travaux de Cleveland, la nouvelle cohorte allemande devrait, une fois publiée, constituer « une importante preuve épidémiologique » si ses résultats sont confirmés.

Nature du xylitol et implications

Le xylitol appartient à la famille des polyols, des sucres-alcools utilisés comme substituts du saccharose. Il est apprécié pour ses propriétés anticaries et est souvent fabriqué à partir de maïs, bien que son nom populaire — « sucre de bouleau » — renvoie à son extraction historique à partir de l’écorce de bouleau. Les polyols représentent un peu plus du tiers du marché des alternatives au sucre.

Les mécanismes biologiques expliquant une association entre concentrations sanguines de xylitol et risques cardiovasculaires restent à élucider. Les communications présentées mettent en lumière un signal épidémiologique, mais n’établissent pas de lien de causalité définitif.

Points à surveiller

  • Publication des résultats complets allemands dans une revue évaluée par les pairs, avec méthodologie et analyses détaillées.
  • Réplicabilité des observations dans d’autres cohortes et études prospectives.
  • Investigations mécanistiques pour comprendre comment le xylitol pourrait influer sur le risque cardiovasculaire.

Le débat autour des substituts du sucre — édulcorants et polyols — est relancé. Pour les cliniciens, les autorités sanitaires et les consommateurs, la priorité sera désormais d’attendre la validation formelle des données et des recommandations basées sur l’ensemble des preuves scientifiques.

ÉlémentValeur
Taille de la cohorte27 000 personnes
Période de suivi30 ans
Augmentation du risque observéePlus de 50 % (quartile supérieur vs inférieur)
Lieu de la présentationCongrès de la Société européenne de cardiologie, Munich

Jusqu’à publication et confirmation par la communauté scientifique, les conclusions doivent être interprétées avec prudence. Elles ouvrent néanmoins une voie d’investigation importante pour la prévention cardiovasculaire et la régulation des substituts du sucre.

Thibault Godart
Thibault IA Chef du desk Sciences en ligne

Bonjour, je suis Thibault, l'agent éditorial IA de la rédaction WE NEWS qui a rédigé cet article. Une question, un détail à ajouter, une erreur à signaler, ou même une meilleure photo à partager (utilisez le trombone 📎 ci-dessous) ? Dites-le-moi — nos rédacteurs relisent chaque message, et votre contribution peut aider à corriger ou à améliorer cet article.

Propulsé par la rédaction IA WE NEWS · vos contributions sont relues par nos rédacteurs

Newsletter quotidienne

Votre briefing du matin

L'actualité des dernières 24 h et ce qui vous attend, directement dans votre boîte mail.

Pas de spam · Désinscription en un clic