Enseignement

Le Vietnam instaure un cadre d’évaluation en trois niveaux pour faire de l’anglais une « langue seconde »

Le ministère de l’Éducation et de la Formation vietnamien élabore une circulaire qui fixe des normes d’évaluation pour l’enseignement de l’anglais, organisées en trois niveaux et adaptées à cinq types d’établissements.

Le Vietnam instaure un cadre d’évaluation en trois niveaux pour faire de l’anglais une « langue seconde »
©Illustration IA Valentine Dekeyser / we-news.com

Le ministère de l’Éducation et de la Formation du Vietnam prépare une réglementation visant à encadrer l’évaluation de l’enseignement et de l’apprentissage de l’anglais, dans le cadre d’un objectif ambitieux : faire de l’anglais une « langue seconde » utilisée de façon large et régulière au sein des établissements scolaires.

Un dispositif adapté aux types d’établissements

Le projet de circulaire définit un cadre d’évaluation applicable à cinq catégories d’établissements : les structures préscolaires ; les écoles primaires et secondaires ; les universités ; les écoles professionnelles ; et les établissements de formation continue. Pour chaque catégorie, des annexes distinctes prévoient des normes et critères spécifiques, afin de tenir compte des besoins et contraintes propres à chaque niveau d’enseignement.

Plutôt que de se limiter à un simple constat binaire (« atteint / non atteint »), le texte propose une graduation en trois niveaux de réussite. L’objectif affiché est d’en faire non seulement un outil d’évaluation, mais aussi un instrument de gestion et d’amélioration de la qualité : aider les établissements à situer leur niveau, prioriser les domaines à renforcer et estimer les ressources nécessaires pour progresser.

Un projet centré sur la mise en situation effective

Le ministère vise à développer de façon synchronisée plusieurs leviers : programmes d’études, formation et nombre d’enseignants qualifiés, environnement éducatif, supports pédagogiques, équipements et infrastructures, transformation numérique et ressources connexes. L’enjeu est que l’anglais soit « largement, fréquemment, de manière appropriée et efficace utilisé dans l’enseignement, la communication, la gestion et les activités éducatives ». Cette approche dépasse la seule progression des compétences linguistiques pour viser l’intégration de l’anglais dans la vie scolaire courante.

Concrètement, cela signifie que l’évaluation portera autant sur les résultats pédagogiques que sur les conditions qui rendent ces résultats possibles : disponibilité de matériel, qualité et nombre d’enseignants, intégration du numérique, et pratiques d’utilisation de l’anglais dans les activités scolaires.

Conséquences attendues et défis

Le passage à un modèle en trois niveaux laisse entrevoir plusieurs conséquences opérationnelles pour les établissements :

  • Diagnostic plus fin : les écoles pourront mieux identifier leurs forces et faiblesses et établir des plans d’action gradués.
  • Orientation des ressources : les priorités d’investissement (formation des enseignants, matériel, espaces numériques) devraient être plus ciblées.
  • Hétérogénéité des réponses : les établissements situés dans des contextes défavorisés pourraient rencontrer des difficultés accrues pour atteindre les niveaux supérieurs sans appui structurel.

Le document met ainsi l’accent sur la nécessité d’un accompagnement global : la simple définition de critères ne suffit pas si elle n’est pas assortie d’un plan de soutien pour les écoles dont les moyens ou l’environnement ne permettent pas, à court terme, une transformation effective.

Catégorie d’établissementParticularité du cadre
PréscolairesCritères adaptés au jeune âge et à l’exposition initiale à la langue
Primaires et secondairesÉvaluation de l’intégration de l’anglais dans l’enseignement et les activités
UniversitésUsage académique et professionnel de l’anglais
Écoles professionnellesOrientation vers des compétences techniques et professionnelles en anglais
Formation continueRéponse aux besoins des adultes et du marché du travail

Le texte en cours d’élaboration dessine donc un cadre normatif ambitieux. Reste la question de la mise en œuvre : ressources humaines, formations adaptées, équipement numérique et, plus largement, cohérence des politiques éducatives au niveau national. Pour atteindre l’objectif de faire de l’anglais une langue seconde réellement opérationnelle, l’effort devra être à la fois pédagogique, organisationnel et financier.

Pour l’heure, il s’agit d’un projet de règlement : sa traduction en circulaire et, ensuite, son application effective dépendront des arbitrages ministériels à venir et des modalités d’accompagnement qui seront prévues pour les établissements les plus fragiles.

Valentine Dekeyser
Valentine IA Cheffe du desk Enseignement en ligne

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