Économie

Le Sénégal rejoint la 2e cohorte du programme BAD pour une feuille de route nationale d’économie circulaire

Le pays va élaborer une feuille de route nationale destinée à identifier les secteurs prioritaires et les investissements à mobiliser pour renforcer la création de valeur locale et réduire les pertes liées aux ressources.

Le Sénégal rejoint la 2e cohorte du programme BAD pour une feuille de route nationale d’économie circulaire
©Illustration IA Delphine Vandevelde / we-news.com

Le Sénégal intègre la deuxième cohorte du programme de Feuilles de route nationales pour l’économie circulaire porté par le Fonds africain pour l’économie circulaire, un fonds fiduciaire géré par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). L’objectif affiché : définir une feuille de route nationale qui identifie les secteurs prioritaires et les investissements susceptibles de favoriser la création de valeur locale et la transformation des chaînes productives.

Un dispositif régional pour transformer les modèles de production

Le programme s’élargit avec huit nouveaux pays pris en charge par le fonds. Parmi eux, quatre pays — Angola, Liberia, Madagascar et Sénégal — vont élaborer leur feuille de route. Quatre autres — Bénin, Tchad, Éthiopie et Maurice — entrent dans la phase de mise en œuvre afin de traduire leurs cadres en politiques opérationnelles, programmes financés et renforcement des capacités institutionnelles.

Le dispositif vise à démontrer qu’en intégrant l’économie circulaire aux politiques publiques, les États peuvent réduire leur dépendance aux importations de matières premières, limiter le gaspillage et développer des filières locales à plus forte valeur ajoutée. Pour les pays africains confrontés à des défis de financement et d’industrialisation, l’économie circulaire est présentée comme un levier de transformation économique.

« Le continent fait face à un déficit annuel de financement du développement supérieur à 400 milliards de dollars. Les feuilles de route pour l’économie circulaire peuvent aider les pays à renforcer leurs capacités productives nationales et à transformer… »

Quelles conséquences concrètes ?

Sur le plan pratique, une feuille de route nationale pour l’économie circulaire sert à :

  • identifier les secteurs prioritaires où la réduction des flux de déchets et la réutilisation des matières peuvent créer de la valeur ;
  • coordonner l’action des institutions publiques et privées impliquées ;
  • orienter les instruments de financement vers des projets structurants (recyclage, écoconception, logistique inverse, etc.).

Pour les entreprises — y compris les PME et les indépendants — cela signifie potentiellement de nouvelles opportunités commerciales : création de services de collecte et de tri, développement de produits recyclés ou réparables, ou encore mise en marché de solutions d’écoconception adaptées aux marchés locaux. Pour les ménages, la transition peut se traduire, à moyen terme, par une baisse des coûts liés à la gestion des déchets et par l’apparition de biens et services locaux moins dépendants d’importations.

Un enjeu de financement et de gouvernance

Le rappel chiffré du déficit de financement du développement — plus de 400 milliards de dollars par an — souligne l’importance d’articuler les feuilles de route avec des mécanismes d’investissement publics et privés. Le Fonds africain pour l’économie circulaire, en tant que plateforme multidonateurs pilotée par la BAD, a pour mission d’accompagner la définition des priorités mais aussi d’aider à attirer des financements internationaux et à structurer des partenariats public‑privé.

Pays (élaboration)Pays (mise en œuvre)
Angola
Libéria
Madagascar
Sénégal
Bénin
Tchad
Éthiopie
Maurice

Le succès de ces démarches dépendra toutefois de facteurs locaux : qualité des institutions, capacité à mobiliser des financements privés, existence d’une industrie capable d’absorber des matières recyclées ou transformées, et d’un cadre réglementaire favorable à l’économie circulaire.

Pour la Belgique et les acteurs économiques belges, ces feuilles de route représentent des opportunités : cabinets de conseil, entreprises de recyclage, équipementiers et investisseurs peuvent être sollicités pour accompagner l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies nationales. Mais la concrétisation des projets nécessitera des appels d’offres transparents, des partenariats sur le long terme et une attention aux conditions locales pour garantir un impact durable.

Au terme de cette deuxième cohorte, l’enjeu sera d’évaluer dans quelle mesure ces plans nationaux auront permis de traduire des orientations stratégiques en projets financés et en capacités institutionnelles pérennes, afin de réduire le déficit d’investissement et de générer une création de valeur réellement locale.

Delphine Vandevelde
Delphine IA Cheffe du desk Économie en ligne

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