Paul St‑Pierre Plamondon, chef du Parti québécois (PQ), doit formuler mardi matin une modification significative de son engagement sur la tenue d’un référendum sur l’indépendance du Québec : le PQ pourrait s’engager à ne pas déclencher de consultation populaire tant que Donald Trump sera président des États‑Unis, a indiqué Le Devoir.
Une annonce attendue et un calendrier international qui pèse
Le chef péquiste a annoncé dans un bref message publié sur ses réseaux sociaux qu’il ferait « une déclaration importante » concernant « la tenue d’un référendum sur l’indépendance du Québec ». Le contenu précis de cette déclaration n’a pas été détaillé dans ce message. Selon les informations recueillies, l’hypothèse à l’étude consisterait à reporter toute consultation référendaire jusqu’au départ du locataire actuel de la Maison‑Blanche.
Ce positionnement s’inscrit dans un contexte où la décision d’un gouvernement provincial de lancer un processus référendaire ne se limite pas à des considérations internes : l’environnement international et la perception des électeurs jouent également un rôle. Le mandat de Donald Trump devrait, en principe, s’achever au début de 2029. Si le PQ obtenait la majorité requise aux prochaines élections, les Québécois pourraient ainsi être appelés aux urnes en faveur de l’indépendance en 2029 ou 2030, selon les calculs évoqués.
Stratégie de transparence et gestion de l’anxiété électorale
Aux yeux des sources du journal, le Parti québécois verrait dans cette réserve stratégique un moyen d’être « transparent et clair » vis‑à‑vis de l’électorat, afin de ne pas alimenter une « anxiété » déjà perceptible chez certains citoyens préoccupés par les répercussions des décisions américaines.
- Annonce publique prévue mardi matin par Paul St‑Pierre Plamondon.
- Hypothèse : pas de référendum tant que Donald Trump est à la Maison‑Blanche.
- Calendrier impliquant une consultation potentielle en 2029 ou 2030 si le PQ obtient la majorité.
Le parti voudrait ainsi conduire une campagne axée sur le « bon gouvernement », thème récemment défendu par son chef dans une lettre ouverte au National Post, plutôt que sur une précipitation autour de la question nationale susceptible de fragiliser la sécurité économique ou sociale, selon les explications avancées.
« Jamais, jamais le Parti québécois ne va mettre en péril la sécurité économique ou la sécurité tout court des Québécois »
Un ajustement déjà envisagé
Le principe d’attendre le départ de Donald Trump n’est pas entièrement nouveau chez les péquistes. Plus tôt cette année, Paul St‑Pierre Plamondon avait déjà évoqué cette option comme « une possibilité ». Après l’élection partielle de la députée péquiste Marie‑Karlynn Laflamme dans Chicoutimi, il avait affirmé qu’il ferait preuve « d’intelligence et de jugement pour le choix du moment ».
| Élément | Implication |
|---|---|
| Présidence Trump | Mandat potentiel jusqu’au début 2029 ; critère de report évoqué |
| Référendum | Consultation possible en 2029–2030 si le PQ remporte la majorité |
| Stratégie du PQ | Campagne axée sur le « bon gouvernement » et la gestion des risques |
En pratique, une telle décision illustre la manière dont un parti souverainiste adapte son calendrier politique aux facteurs externes et à l’état de l’opinion publique. Elle souligne aussi la complexité de concilier un engagement de principe — la tenue d’un référendum sur l’indépendance — avec des impératifs de stabilité perçus comme prioritaires par la direction du parti.
La déclaration attendue mardi précisera si le report envisagé constitue un engagement formel ou une simple intention stratégique. Elle permettra aussi d’évaluer l’accueil de cette position au sein des militants péquistes et du grand public, et de mesurer les répercussions sur le débat national au Québec autour de l’autodétermination.