Le Mouvement Réformateur (MR) a demandé lundi la convocation sans délai du Conseil national de sécurité (CNS) par le Premier ministre, Bart De Wever, afin d'évaluer la préparation de la Belgique aux menaces hybrides et de définir des mesures destinées à protéger les citoyens, les institutions démocratiques et les infrastructures stratégiques.
« La Belgique ne peut se croire à l’abri. Siège des institutions européennes et de l’OTAN, notre pays abrite des infrastructures de transport, énergétiques, numériques et logistiques essentielles à l’échelle européenne. Cette position stratégique impose une vigilance renforcée et une préparation à la hauteur des risques »,
indique le communiqué diffusé par le parti. Le MR appelle le CNS à dresser un état des lieux de la situation et à adopter un plan d’actions couvrant les ingérences étrangères, les tentatives de déstabilisation et la sécurité d’approvisionnement énergétique.
Contexte régional et menaces identifiées
Plusieurs pays européens ont récemment fait face à des opérations qualifiées de hybrides, généralement attribuées à la Russie, particulièrement en Allemagne, rappelle le MR. Les inquiétudes ont aussi été ravivées par l’évolution de la situation au Moyen-Orient, qui, selon le parti, peut accroître les risques d’escalade ou d’actions indirectes visant des États soutenant l’Ukraine.
Le MR cite en toile de fond les alertes de responsables étrangers, notamment celles formulées par des dirigeants européens, et évoque la possibilité d’attaques par drones ou d’autres actions ciblant des pays perçus comme symboliques par des puissances hostiles.
Ce que demande précisément le MR
Le parti libéral souhaite que la réunion du CNS permette :
- d’évaluer la vulnérabilité des infrastructures critiques (transport, énergie, numérique, logistique) ;
- d’analyser les risques d’ingérence dans les institutions démocratiques et les tentatives de déstabilisation ;
- d’élaborer un plan d’action priorisant les mesures de protection et de résilience, notamment pour l’approvisionnement énergétique.
Le MR insiste sur la nécessité d’une coordination étroite entre le fédéral, les Régions, les forces de sécurité, les services de renseignement et les acteurs privés concernés par la gestion des réseaux et des infrastructures.
Implications pour la Belgique
La Belgique, en tant que siège de nombreuses institutions européennes et de l’OTAN, est souvent présentée comme particulièrement exposée aux opérations hybrides. Le débat sur la préparation du pays porte autant sur la capacité de prévention et de détection — cybersécurité, renseignement, surveillance — que sur la résilience en cas de perturbation (énergie, logistique, transport).
| Type de menace | Exemples cités |
|---|---|
| Ingérence politique | Manipulation de l’information, ingérences dans les processus démocratiques |
| Attaques numériques | Cybersabotage, attaques contre infrastructures IT |
| Attaques physiques indirectes | Usage de drones, sabotages ciblant énergie et transport |
Les autorités fédérales disposent déjà d’instances et de plans dédiés à la sécurité nationale, mais la demande du MR souligne l’urgence ressentie par une partie de l’échiquier politique pour que ces dispositifs soient actualisés et coordonnés face à des menaces hybrides en évolution.
Pistes et enjeux à court terme
Si le Premier ministre accepte la convocation, le CNS devra prioriser des actions concrètes et opérationnelles. Parmi les pistes évoquées dans le débat public ces derniers mois figurent : renforcement des capacités de cybersécurité, exercices conjoints entre acteurs publics et privés, partage d’information renforcé avec les partenaires européens et adaptation des plans d’approvisionnement énergétique.
Le caractère transfrontalier et multidimensionnel des menaces implique également des réponses coordonnées au niveau européen et avec l’OTAN, dossiers sur lesquels la Belgique joue un rôle visible en raison de sa position géographique et institutionnelle.
Le MR, en sollicitant le CNS, met la pression sur le gouvernement pour transformer des alertes stratégiques en mesures effectives, dans un contexte géopolitique marqué par des tensions entre grandes puissances et des risques d’escalade indirecte.
La décision du Premier ministre de convoquer ou non le CNS et, le cas échéant, le contenu des décisions prises lors de la réunion, seront suivis de près par les partis, les acteurs économiques concernés et les institutions européennes présentes sur le sol belge.