La Zambie a vu son produit intérieur brut progresser de 5,4 % en 2025, selon les comptes définitifs publiés par l'Agence zambienne de statistique. Le rythme marque une accélération par rapport à 2024 (3,8 %) et s'appuie sur une contribution remarquable des services de l'information et de la communication, ainsi que sur une bonne tenue de l'agriculture et du secteur minier.
Des secteurs qui tirent la croissance
Les autorités statistiques zambiennes identifient cinq secteurs comme moteurs de l'expansion. La répartition des contributions au taux de croissance met en lumière :
- l'information et la communication, qui a apporté 1,8 point de pourcentage ;
- l'agriculture, la sylviculture et la pêche, à 1,5 point ;
- les mines et carrières, pour 0,8 point ;
- la construction et les transports et entreposage, ayant ajouté chacun 0,4 point.
Au plan sectoriel, le commerce de gros et de détail reste la première composante du PIB (18,0 %), devant les mines et carrières (14,5 %), les transports et entreposage (12,3 %) et la construction (9,0 %). Ensemble, ces quatre secteurs représentent 53,7 % de l'activité économique nationale.
Investissement et commerce : des parts en forte hausse
Mesuré par les dépenses, le PIB 2025 a été estimé à 785 901 millions de kwachas, en hausse nette par rapport à 2024 (662 094 millions). Les comptes par dépenses révèlent des évolutions notables :
- la dépense de consommation finale pèse 64,9 % du PIB ;
- la formation brute de capital fixe a progressé, passant de 23,8 % à 33,1 % ;
- les exportations de biens et services ont grimpé de 35,0 % à 44,1 % ;
- les importations augmentent également, de 27,6 % à 41,3 %.
| Agrégat | 2024 | 2025 |
|---|---|---|
| PIB (prix courants, millions de kwachas) | 663 775 | 797 707 |
| PIB (dépenses, millions de kwachas) | 662 094 | 785 901 |
| Part de la consommation finale des ménages | 47,1 % | 47,3 % |
Comptes de revenus et inflation
Du côté des revenus, l'excédent d'exploitation demeure la composante principale, représentant 40,2 % du PIB en 2025 (vs 40,1 % en 2024). La rémunération des salariés recule légèrement à 20,0 % (contre 20,1 % l'année précédente), signe que le partage revenu‑profit n'a pas connu de renversement majeur malgré la croissance.
Parallèlement, les données disponibles signalent une inflation modérée : le chiffre pour septembre 2026 est indiqué à 6,1 %. Cette évolution des prix reste un élément clé pour l'évaluation du pouvoir d'achat des ménages et des coûts de production pour les entreprises.
Performance récente et enjeux
Les estimations trimestrielles font état d'une progression de 7,2 % au deuxième trimestre 2026, soit une accélération ponctuelle de l'activité. Pour les ménages et les indépendants, les tendances à retenir sont claires :
- la hausse de la formation brute de capital fixe suggère une intensification des investissements, potentiellement favorable à l'emploi et à la demande de biens intermédiaires ;
- la forte progression des exportations peut stimuler certains secteurs exportateurs (notamment minier et manufacturier), mais implique aussi une plus grande exposition aux variations des marchés internationaux ;
- une inflation à 6,1 % exige une vigilance sur le pouvoir d'achat : si elle reste maîtrisée, elle limite l'érosion des revenus ; si elle s'accélérait, elle pèserait sur les dépenses des ménages et sur les marges des petites entreprises.
Au total, les comptes 2025 dressent le portrait d'une économie zambienne en reprise, soutenue par les services numériques, l'agriculture et des investissements accrus. Reste à suivre la stabilité des prix et la capacité du marché du travail à transformer cette dynamique en gains de revenus durables pour les ménages.