L'économie britannique a surpris en affichant une hausse mensuelle du produit intérieur brut de 0,3 % en juin, selon les chiffres publiés jeudi par l'Office national de la statistique (ONS). Le recul des pressions énergétiques en lien avec la situation au Moyen-Orient, conjugué à des facteurs conjoncturels comme la canicule et la Coupe du monde de football, a soutenu l'activité, en particulier dans le secteur des services.
Une poussée tirée par les services, des faiblesses dans l'industrie et la construction
Les données de l'ONS montrent une dichotomie sectorielle : le secteur des services a progressé de 0,4 % sur le mois de juin, tandis que la production industrielle a reculé de 0,2 % et la construction de 0,1 %. Sur le plan trimestriel, la croissance du second trimestre (avril-juin) s'établit à +0,4 %, en ralentissement après le premier trimestre où elle avait atteint +0,6 %.
| Période / Secteur | Variation |
|---|---|
| Juin (PIB mensuel) | +0,3 % |
| Services (juin) | +0,4 % |
| Industrie (juin) | -0,2 % |
| Construction (juin) | -0,1 % |
| Avril–juin (PIB trimestriel) | +0,4 % |
| Premier trimestre | +0,6 % |
Selon la dépêche, certains segments ont particulièrement bénéficié des grands événements de ce mois : les producteurs de boissons alcoolisées, le secteur alimentaire, les entreprises audiovisuelles et la publicité ont vu l'effet de la Coupe du monde, tandis que les détaillants ont mentionné un impact positif lié à la canicule.
Contexte géopolitique et perspectives
Le rapport signale également un effet de la situation au Moyen-Orient : une accalmie des tensions liées à la guerre en Iran, traduite par une diminution du nombre d'entreprises évoquant des pressions liées au conflit, a contribué à atténuer la montée des prix de l'énergie sur la période de cessez-le-feu.
"Dans l'ensemble, l'économie semble avoir très bien résisté à la guerre en Iran, avec peu de signes que les consommateurs ou les entreprises réduisent leur activité en réponse à la hausse des prix du pétrole",
a déclaré Thomas Pugh, économiste en chef chez RSM UK, cité dans la dépêche. Malgré ce constat, les prévisionnistes restent prudents : Andrew Hunter, économiste chez Moody's Analytics, rappelle la fragilité du rythme de croissance observé récemment et la possibilité d'un ralentissement au second semestre. Il note néanmoins la vigueur de la consommation des ménages et des investissements des entreprises sur la période.
"Cela dit, il convient de se rappeler le schéma répété ces dernières années : une forte croissance au cours du premier semestre est suivie d'un ralentissement marqué au second",
ajoute la dépêche, citant Andrew Hunter.
Conséquences pour les ménages et les entreprises
- Pour les ménages : la résistance de la consommation suggère une activité soutenue des dépenses, mais la perspective d'un ralentissement pourrait peser sur l'emploi et le pouvoir d'achat dans la seconde moitié de l'année.
- Pour les entreprises : les secteurs liés aux services et à la consommation immédiate (boissons, alimentaire, audiovisuel, publicité) ont tiré parti d'événements ponctuels ; les industriels et le bâtiment demeurent vulnérables.
- Pour les marchés et la politique monétaire : la Banque d'Angleterre avait anticipé une progression de 0,3 % au deuxième trimestre, une projection réaffirmée par ces chiffres, mais les autorités garderont sans doute une lecture attentive des pressions inflationnistes liées à l'énergie.
Au final, les chiffres de juin offrent un répit conjoncturel pour la Grande-Bretagne, mais les économistes interrogés par Reuters mettent en garde contre un potentiel ralentissement ultérieur. Pour les observateurs belges, l'évolution des prix de l'énergie et la tenue des grandes manifestations internationales restent des variables susceptibles d'influer sur la trajectoire économique européenne dans les mois à venir.