La Belgique et le Rwanda ont annoncé, par une déclaration conjointe, le rétablissement de leurs relations diplomatiques. Le texte officialise la reprise des échanges entre les deux États et précise les modalités pratiques d'une réouverture des représentations bilatérales « dans un délai rapproché ».
Un processus de dialogue « respectueux »
Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a qualifié l'accord d’aboutissement d’un long processus de discussions menées avec son homologue rwandais, Olivier Nduhungirehe. Il a décrit l’issue comme le produit d’un « effort respectueux commun » et a souligné la volonté des deux parties de maintenir un dialogue, y compris sur des points de divergence persistants, notamment la question du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
« Nous avons convenu de l'importance de dialoguer systématiquement, y compris sur nos points de divergences qui persistent, comme sur le conflit dans l'Est de la RDC. »
Prévot a réaffirmé que la Belgique continuerait à défendre « l'intégrité territoriale et la souveraineté de la République démocratique du Congo ». Il a rappelé l'engagement belge dans les initiatives de médiation régionales et internationales visant à apaiser les violences dans l'Est de la RDC.
Modalités pratiques de la reprise
La déclaration conjointe précise que les ambassades bilatérales seront rouvertes à court terme. Dans un premier temps, chacune d’elles sera dirigée par un chargé d’affaires ad interim, appuyé par un diplomate ou un consul et une petite équipe technique. Des demandes d’agrément pour la nomination d’ambassadeurs seront introduites ultérieurement afin de normaliser complètement la représentation diplomatique.
- Rupture précédente : le 17 mars 2025, Kigali avait rompu ses relations avec la Belgique.
- Cause principale : le Rwanda reprochait à la Belgique de soutenir des mesures européennes, dont des sanctions adoptées par le Conseil de l’UE, liées au dossier de l’Est de la RDC.
- Phase initiale : réouverture conduite par chargés d’affaires ad interim, puis nomination d’ambassadeurs après agrément.
La rupture décrétée le 17 mars 2025 faisait suite à l’adoption, à Bruxelles, de sanctions européennes visant des responsables jugés impliqués dans les tensions à l’Est de la RDC, sur lesquelles la Belgique s’était montrée particulièrement active.
Contexte régional et rôle de médiation
Dans sa déclaration, le chef de la diplomatie belge a explicitement évoqué le soutien de la Belgique aux efforts de médiation dans la région. Il a cité deux initiatives diplomatiques — les processus dits de Doha et de Washington — et dit vouloir mettre à disposition l’expertise belge pour renforcer ces démarches. L’accent est mis sur l’exigence du respect des engagements pris par toutes les parties impliquées.
La déclaration note par ailleurs que des rencontres et des contacts informels se sont tenus ces derniers mois entre les deux ministres, préparant le terrain pour le rétablissement officiel des relations. Le texte mentionne aussi la gratitude des deux pays envers les autorités du Qatar pour leur rôle de facilitateur lors des discussions préalables.
| Événement | Date |
|---|---|
| Rupture des relations décidée par Kigali | 17 mars 2025 |
| Annonce du rétablissement diplomatique (déclaration conjointe) | 23 septembre 2026 |
Ce rétablissement intervient après une période de tensions qui avait considérablement refroidi les relations bilatérales. La décision de Kigali en 2025 faisait suite à des mesures européennes prises contre des individus tenus pour responsables de la dégradation sécuritaire dans l’Est de la RDC, dossier sur lequel la Belgique s’était montrée active au sein de l’Union européenne.
La réouverture progressive des ambassades permettra de rétablir des canaux diplomatiques et consulaires plus directs, indispensables pour la gestion des dossiers bilatéraux, la coopération au développement et le suivi des questions régionales délicates. Les modalités pratiques retenues — débuter par des chargés d’affaires ad interim — témoignent d’une volonté de prudence et d’étapes graduelles vers une normalisation complète des relations.
La reprise des contacts bilatéraux entre Bruxelles et Kigali pourrait également influer sur la dynamique diplomatique européenne concernant les Grands Lacs, en réintégrant le Rwanda dans un dialogue direct avec l’un de ses partenaires historiques en Europe.