La Banque du Japon (BoJ) a relevé vendredi son taux directeur de 25 points de base, le portant de 1,00 % à 1,25 %, a annoncé l'institution. Il s'agit du niveau le plus élevé en 31 ans et de la sixième hausse engagée depuis le virage monétaire entamé en 2024. La décision a été adoptée par 7 voix contre 2 au sein du conseil de politique monétaire.
Pourquoi la BoJ a-t-elle décidé ce relèvement ?
La banque centrale justifie sa décision par une amélioration modérée de la conjoncture japonaise, malgré des fragilités liées notamment à la situation au Moyen-Orient. Deux moteurs sont mis en avant : un redressement de la demande intérieure et un soutien externe, en particulier la hausse de la demande mondiale liée à l'intelligence artificielle (IA).
La BoJ relève également des éléments de pression sur les prix : l'indice des prix à la production affiche une progression annuelle soutenue, portée par le prix du pétrole, la dépréciation du yen et la demande liée à l'IA. Parallèlement, l'inflation sous-jacente (hors produits frais) s'accélère légèrement, au fur et à mesure que les entreprises répercutent l'augmentation de leurs coûts et que les salaires augmentent.
"L'inflation sous-jacente pourrait dépasser l'objectif de 2% si les entreprises continuent d'augmenter fortement les salaires et les prix"
Cet avertissement montre que la BoJ surveille étroitement l'évolution des anticipations d'inflation à moyen et long terme et considère que le chemin vers une inflation stable est désormais plus tangible.
Des conditions financières encore accommodantes
Malgré ce nouveau relèvement, la Banque du Japon note que les conditions financières restent « très souples ». Les taux d'intérêt réels demeurent faibles, la demande de crédits est en hausse et les banques continuent de prêter aisément. Les conditions sur les marchés pour l'émission de titres des entreprises restent également favorables.
| Élément | Valeur / observation |
|---|---|
| Taux directeur | 1,25 % après hausse de 25 pb |
| Nombre de hausses depuis 2024 | 6 |
| Vote au conseil | 7 voix pour, 2 contre |
| Horizon historique | Plus haut en 31 ans |
Pour les entreprises et les marchés financiers, cette combinaison — taux nominal en hausse mais conditions financières globalement souples — signifie que le coût apparent du crédit augmente, mais que l'accès au financement reste a priori peu contraint. Les observateurs surveilleront toutefois l'évolution des salaires et des marges : si les hausses salariales se poursuivent et sont largement répercutées sur les prix, l'inflation pourrait se stabiliser au-dessus de l'objectif fixé.
- La hausse est conforme à l'orientation générale des banques centrales dans un contexte de normalisation monétaire mondiale.
- La BoJ met en garde contre les risques externes, en particulier la situation au Moyen-Orient, qui peut peser sur la croissance via les prix de l'énergie.
- La demande liée à l'IA est citée comme un facteur de soutien à la croissance et aux prix.
Pour les ménages et les indépendants belges, l'impact direct de la décision de la Banque du Japon restera limité : la zone euro et la Belgique sont sous la politique monétaire de la Banque centrale européenne. En revanche, une BoJ plus restrictive peut peser sur les marchés des changes et sur les marchés obligataires mondiaux, influencer les flux de capitaux et, par ricochet, les conditions de financement et les valorisations d'actifs à l'échelle internationale.
Concrètement, les entreprises belges exposées au Japon ou aux chaînes d'approvisionnement internationales — notamment celles touchées par le coût de l'énergie ou par la demande en matériel et services liés à l'IA — devront intégrer ce nouvel équilibre entre pression inflationniste et conditions financières encore accommodantes.
La décision de vendredi confirme que la normalisation des politiques monétaires se poursuit à Tokyo, comme dans d'autres grandes banques centrales, mais elle souligne aussi la complexité du chemin : contenir l'inflation sans freiner brutalement une reprise jugée « modérée ».