L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), basée à Paris et composée de 38 États membres, a légèrement relevé ses prévisions de croissance à court terme pour l’économie mondiale et pour la zone euro. Selon ses dernières estimations, l’économie mondiale devrait croître de 2,9 % cette année, tandis que la zone euro verrait une expansion de 1 %.
Des chiffres concrets mais une stabilité conditionnelle
Parmi les principaux enseignements, l’OCDE souligne la résilience de nombreuses économies au cours des six premiers mois de l’année, malgré les tensions au Moyen-Orient. Cette dynamique a été soutenue par des interventions publiques et une diversification des approvisionnements en énergie, ainsi que par des stocks importants. Toutefois, l’organisation avertit que la stabilité retrouvée demeure fragile et dépend largement de l’évolution des conflits régionaux et des politiques commerciales.
| Zone | Prévision de croissance (année) |
|---|---|
| Économie mondiale | +2,9 % |
| Zone euro | +1,0 % |
| Allemagne | +1,1 % (hausse de 0,4 point vs prévision précédente) |
Risques identifiés par l’OCDE
L’organisation liste plusieurs menaces qui pourraient inverser la trajectoire positive à court terme :
- les tensions géopolitiques et les droits de douane susceptibles d’accroître la volatilité commerciale ;
- des perturbations sur les marchés de l’énergie qui, si elles persistent, pourraient maintenir l’inflation à un niveau élevé ;
- des facteurs climatiques, notamment un phénomène El Niño marqué, pouvant entraîner une hausse des prix alimentaires et des problèmes logistiques ;
- l’éventualité que les retours sur investissement annoncés dans l’intelligence artificielle ne se matérialisent pas, freinant la productivité attendue.
Conséquences pour les ménages et les indépendants
Pour les ménages belges, une stabilisation rapide des prix de l’énergie se traduirait par un apaisement des tensions inflationnistes et une amélioration du pouvoir d’achat. À l’inverse, de nouvelles perturbations énergétiques ou une forte hausse des prix alimentaires liée au climat pèseraient directement sur les dépenses courantes.
Les indépendants et petites entreprises restent particulièrement sensibles aux fluctuations des coûts d’approvisionnement et aux droits de douane : une recrudescence des barrières commerciales augmenterait les prix des matières premières importées et pourrait réduire les marges. De même, les perspectives d’investissement dans l’intelligence artificielle, si elles tardent à produire des gains de productivité, risquent de retarder des gains de compétitivité attendus par certains secteurs.
Un horizon incertain malgré des signes positifs
En dépit de ces réserves, l’OCDE note que de nombreux pays ont maintenu une bonne dynamique économique grâce à des politiques de soutien et à une diversification des approvisionnements énergétiques. L’évolution des prochains mois dépendra toutefois de facteurs extérieurs : résolution des conflits régionaux, trajectoire des prix de l’énergie et matérialisation des promesses technologiques.
Pour les décideurs publics et les acteurs économiques en Belgique, l’enjeu est de rester vigilants : l’environnement macroéconomique offre aujourd’hui un souffle relatif, mais il suffit d’un choc majeur pour remettre en cause la trajectoire de la croissance et accroître la pression sur les prix et l’emploi.