Un incendie de forêt d’une ampleur inédite ces dernières décennies continue de ravager une vaste zone dans l’est de la Belgique. Depuis vendredi, environ 3 000 hectares de forêt ont été détruits, selon les autorités provinciales, et les équipes de pompiers multiplient les efforts pour contenir le sinistre.
Objectif : encercler le feu pour le « fixer »
Dans la nuit de lundi à mardi, les opérations ont été focalisées sur une manœuvre de jonction : l’objectif est de boucler le feu afin de le fixer et de permettre ensuite son extinction progressive. Si cette stratégie porte ses fruits, les services espèrent pouvoir progresser plus sereinement vers l’extinction des braises et des foyers isolés.
« Le feu sera complètement encerclé et on peut espérer qu'il puisse être fixé », a résumé Tony Hosmans, responsable de la communication de crise pour la province de Liège.
La présence de tourbe dans le parc naturel concerné complique la tâche des secours : matière organique profonde, la tourbe peut brûler en profondeur et relancer des foyers longtemps après le passage des flammes.
Une extinction qui pourrait prendre des semaines
Le ministre de l'Intérieur, Bernard Quintin, a prévenu que l'extinction totale ne serait pas immédiate et pourrait demander « des semaines » en raison notamment des caractéristiques du sol. Les autorités locales et provinciales font état d’une coordination renforcée entre les services de secours, la protection civile et les moyens logistiques régionaux.
Moyens engagés et limites du soutien aérien
La Belgique a reçu l’appui d’avions bombardiers d’eau en provenance de plusieurs pays voisins, mais leur action a été perturbée. Des appareils venus de Norvège, d’Allemagne, de Suède et des Pays-Bas ont opéré sur la zone ; ils ont cependant été cloués au sol à plusieurs reprises en raison d’une couverture nuageuse basse, limitant l’efficacité du soutien aérien.
- Surface détruite : ~3 000 hectares.
- Pays ayant prêté des moyens aériens : Norvège, Allemagne, Suède, Pays-Bas.
- Facteur aggravant : tourbe, qui brûle en profondeur.
- Perspective : extinction complète possible sous plusieurs semaines si les sols continuent à alimenter des foyers.
La pluie intermittente a toutefois aidé à ralentir la progression du feu en augmentant l’humidité de l’atmosphère et du sol. Mais ces épisodes pluvieux n’ont pas suffi à stabiliser la situation et ont parfois empêché les avions de larguer de l’eau, du fait d’une visibilité réduite et d’une couverture nuageuse basse.
Conséquences et suites
Outre la destruction de milliers d’hectares, l’incendie soulève des questions sur la gestion des espaces naturels sensibles et la prévention des feux en période de sécheresse. La mobilisation internationale et nationale montre l’ampleur du sinistre ; les autorités provinciales ont mis en place une cellule de crise pour suivre les opérations jour et nuit.
| Élément | Situation |
|---|---|
| Surface brûlée | ~3 000 ha |
| Durée estimée de l’extinction | Plusieurs semaines (prévision ministérielle) |
| Moyens aériens internationaux | Norvège, Allemagne, Suède, Pays‑Bas (interventions limitées) |
La priorité reste la protection des habitants et des intervenants, ainsi que la prévention d’une propagation vers des zones habitées. Les autorités demandent à la population de respecter les consignes de sécurité et d’éviter les zones de manoeuvre des secours.
Les prochains jours seront déterminants : la réussite de l’encerclement du feu conditionnera la capacité des pompiers à éteindre durablement les nombreux foyers et à limiter les futures reprises d’incendie liées à la tourbe encore chaude sous la surface.