La cour d’assises a rendu un verdict lourd dans le dossier du lynchage de la rue Roger-Salengro à Saint-Étienne : huit ans de prison et un mandat de dépôt ont été prononcés à l’encontre de Nadir Atba Benatba, 25 ans, reconnu pour sa participation aux faits survenus le 18 décembre 2022. La victime, prénommée Naim, avait alors été frappée à plusieurs reprises par un groupe et avait failli mourir.
Des images et une audience tendue
Le procès a été marqué par l’émotion et l’accusation a insisté sur la gravité des images de l’agression. Me Clément Abel, avocat de la victime, a demandé à la cour de mesurer l’ampleur des violences : dans son réquisitoire il a rappelé l’existence d’une séquence vidéo plus longue que celle présentée, évoquant une séquence de douze minutes au cours de laquelle la victime « agonise dans son sang », expression reprise lors des débats.
« J’ai la chance de plaider sa vie, pas sa mort. … on vous a épargné celle de douze minutes où on l’entend agoniser dans son sang. »
Le déroulement de l’audience a également été relevé : les deux principaux prévenus sont apparus « détachés », parfois souriants, un comportement qui a pesé dans l’analyse de l’avocate générale et dans la décision de la cour.
Les faits établis
Les violences datent du 18 décembre 2022. La victime, un Stéphanois âgé de 20 ans, a été attaquée par un groupe de sept personnes ; quatre membres du groupe ont pu être identifiés et traduits devant la justice. La gravité des coups, notamment portés au moyen d’un marteau selon les éléments versés au dossier, a conduit à l’ouverture d’une information judiciaire et à un procès d’assises.
- Date des faits : 18 décembre 2022
- Victime : Naim, 20 ans
- Nombre d’agresseurs : sept personnes impliquées, quatre identifiées
- Condamnation partielle connue : Nadir Atba Benatba, 8 ans de réclusion et mandat de dépôt
Positions et réquisitions
L’avocate générale, Pauline Gervais, avait requis une peine inférieure pour Atba Benatba, estimant que son rôle était moins actif que celui de l’auteur des coups les plus violents. Elle a toutefois pointé le geste final attribué à l’accusé — un « coup de pied final » selon ses conclusions — et regretté l’absence d’explications sur les motifs de l’agression. L’avocate de la défense a mis en avant l’attitude « passive » de son client sur les images, plaidant une distinction entre présence et acte violent effectif.
Procès encore en cours pour d’autres protagonistes
Un autre prévenu cité durant l’audience, Ilian Hamidi, 22 ans, conteste sa participation et la procédure a montré des débats sur la reconnaissance morphologique et les éléments de preuve. La cour d’assises a pris en considération le comportement des accusés en salle — rires, bâillements, échanges — comme un facteur aggravant de l’appréciation judiciaire.
| Personne | Âge | Situation au procès |
|---|---|---|
| Nadir Atba Benatba | 25 ans | Condamné à 8 ans + mandat de dépôt |
| Ilian Hamidi | 22 ans | Conteste sa participation (procédure en cours) |
Le dossier a mis en lumière l’ampleur de la violence collective et les difficultés à expliquer les motifs d’une attaque d’une telle brutalité. Les débats et les décisions de la cour d’assises devraient encore évoluer pour les autres personnes mises en cause, alors que la famille de la victime et son avocat cherchent des réponses quant aux circonstances et à la responsabilité de chacun.
La peine prononcée contre Atba Benatba illustre la sévérité de la réponse judiciaire face à une agression qui a frôlé le drame de mort et relance le débat sur la prévention et la répression des violences collectives dans l’espace public.