Hô Chi Minh-Ville dispose d’un patrimoine riche mais peine à en tirer pleinement parti pour soutenir son développement urbain et économique, selon les travaux présentés lors de la conférence scientifique « Développer la culture vietnamienne dans l’esprit de la résolution n° 80‑NQ/TW du Politburo : pratiques et problèmes rencontrés à Hô Chi Minh‑Ville ». Organisé par le département de la propagande du comité du Parti de la ville en collaboration avec l’Académie des cadres, l’événement a mis en lumière un décalage entre les ressources culturelles existantes et les capacités d’investissement, de gestion et d’exploitation qui leur permettraient de devenir un moteur durable de croissance.
Un patrimoine important, une valorisation inégale
Les intervenants ont rappelé que Hô Chi Minh‑Ville compte 321 sites historiques classés, parmi lesquels 4 sites historiques nationaux spéciaux et 99 sites historiques nationaux. Malgré ce patrimoine considérable, l’extension rapide de l’espace urbain et la diversification des ressources culturelles ne s’accompagnent pas encore d’un cadre institutionnel et financier adapté pour en garantir la mise en valeur effective et durable.
- Expansion urbaine accentuant la pression sur les espaces patrimoniaux.
- Ressources culturelles de plus en plus diversifiées mais sous‑exploitées.
- Mécanismes d’investissement et capacités de gestion insuffisants au regard des enjeux.
« La culture ne reste pas en retrait pour servir de simple ornement au développement. »
Cette affirmation, reprise dans les débats, illustre un glissement de perspective : la culture doit être considérée non plus comme un accompagnement symbolique, mais comme une « ressource endogène importante », un pilier et une force motrice pour un développement rapide et durable, conformément à la résolution n° 80 du Politburo citée par les organisateurs.
Vers une transformation institutionnelle et économique
Selon M. Tran Thanh Vuong, chef du département de la construction d’un mode de vie culturel et familial au sein du département de la culture et des sports de la ville, la mise en œuvre de cette nouvelle vision implique une réforme des institutions, des politiques et des modes de gouvernance. Les réformes nécessaires visent notamment à :
- Adapter les cadres juridiques et administratifs pour faciliter l’investissement public et privé dans les industries culturelles.
- Renforcer les capacités de gestion des sites et des événements culturels à l’échelle municipale et locale.
- Créer un écosystème urbain favorisant l’innovation, la création et la coopération entre acteurs culturels, touristiques et économiques.
Plusieurs intervenants ont souligné que des programmes visant à promouvoir l’industrie culturelle et à stimuler la création contribuent déjà à repositionner la culture comme levier économique. Toutefois, le chemin reste encore long pour réduire l’écart entre potentiel et réalisation.
Constats et enjeux pour l’avenir
La conférence a mis en exergue des constats concrets : des sites historiques nombreux mais parfois fragilisés par l’urbanisme, des capacités locales à renforcer pour la gestion et la mise en marché des biens culturels, et la nécessité de mécanismes d’investissement plus réactifs et mieux coordonnés. Les participants ont plaidé pour une approche intégrée, plaçant la culture au cœur des politiques urbaines et économiques, afin de transformer patrimoine et création en vecteurs durables de développement.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Sites historiques classés | 321 |
| Sites historiques nationaux spéciaux | 4 |
| Sites historiques nationaux | 99 |
La portée des conclusions dépasse Hô Chi Minh‑Ville : elles posent la question, pour l’ensemble des grandes métropoles, de l’articulation entre urbanisme, conservation, création et développement économique. La mise en œuvre concrète de la résolution n° 80 sera un test décisif pour savoir si la culture pourra effectivement sortir d’un statut décoratif et devenir, à terme, un pilier stratégique du développement national.