Groen a réaffirmé, samedi à Malines, sa volonté de créer une cellule interfédérale chargée de coordonner la politique climatique en Belgique, estimant que la répartition actuelle des compétences empêche une action efficace face aux risques naturels et aux changements climatiques.
Une gouvernance « trop morcelée »
Le président du parti écologiste, Aimen Horch, a dénoncé « la fragmentation » des responsabilités : selon lui, « chaque ministre du Climat peut renvoyer la responsabilité vers un autre niveau de pouvoir, si bien qu'au final, rien ne se passe ». Cette critique fait écho à des débats récurrents sur la manière dont l'État fédéral, les Régions et les Communautés coordonnent leurs politiques quand il s'agit de gestion des risques et de prévention.
« Nous avons plus de ministres du Climat que d'avions bombardiers d'eau »
Cette formule, lancée en marge de la rentrée politique de Groen, vise à illustrer le déséquilibre entre moyens institutionnels et moyens opérationnels face à des événements tels que l'incendie des Hautes Fagnes. Pour Horch, l'incendie aurait révélé qu'« aucune autorité ne s'est sentie responsable » en raison de la dispersion des compétences.
Que proposerait une cellule interfédérale ?
Le principe défendu par Groen est que toutes les personnes et institutions actuellement chargées du climat aux différents niveaux de pouvoir soient réunies « dans une même équipe ». L'objectif affiché est double : concevoir une politique climatique cohérente à l'échelle nationale et améliorer la prévention et la réponse opérationnelle aux événements extrêmes.
- Rassembler les responsables clima des différents niveaux de pouvoir pour élaborer une stratégie commune ;
- Clarifier les responsabilités en matière de prévention et d'intervention ;
- Mettre en cohérence les moyens financiers et logistiques (prévention, infrastructures, matériel d'intervention).
Groen insiste également sur la nécessité d'une approche transversale : réduction du recours aux combustibles fossiles, mesures d'économie d'énergie, et solidarité fiscale ciblée, notamment via un impôt « sur les millionnaires » pour assurer une contribution équitable des plus aisés. Le parti plaide par ailleurs pour des économies sur certaines aides aux entreprises jugées inefficaces.
Un message inscrit dans un débat plus large
La proposition de Groen intervient dans un contexte politique belge où les compétences en matière d'environnement, d'aménagement du territoire, de sécurité civile et d'infrastructures sont partagées entre les différents niveaux de pouvoir. Cela rend souvent complexe la mise en place d'une réponse nationale unique face à des risques transversaux.
En outre, le chef de file a élargi son propos à des critiques de la politique budgétaire, ciblant les décisions qu'il juge « irresponsables » et l'utilisation de dispositifs comme l'extension des flexi-jobs. Il a affirmé que la gestion budgétaire actuelle ne remet pas l'ordre et mettrait à mal la protection sociale, sans détailler ici des mesures précises chiffrées.
| Problème identifié | Solution proposée par Groen |
|---|---|
| Compétences climatiques morcelées | Création d'une cellule interfédérale réunissant tous les responsables |
| Prévention et intervention insuffisantes | Meilleure coordination et cohérence des moyens opérationnels |
Reste à voir comment une telle initiative pourrait être traduite concrètement dans un pays où la répartition des compétences est constitutionnellement protégée. La mise en place d'une cellule interfédérale suppose des accords politiques entre fédéral, Régions et Communautés, ainsi qu'une définition claire des compétences et des flux financiers associés.
Dans le paysage politique actuel, une telle proposition devra convaincre non seulement les électeurs mais aussi des partenaires de coalition potentiels, qui peuvent avoir des visions divergentes de la centralisation ou de la décentralisation des politiques publiques. La proposition de Groen relance cependant un débat fondamental : comment améliorer l'efficacité de l'action publique face à l'urgence climatique sans remettre en cause les équilibres institutionnels existants ?