Le youtubeur et humoriste Grégory Guillotin a été placé en garde à vue lundi à Palaiseau (Essonne), a indiqué le parquet d'Évry. Il est visé par des investigations pour violences habituelles sur conjoint ou ex-conjointe avec incapacité totale de travail supérieure à huit jours et pour harcèlement sur conjointe ou ex-conjointe.
Ouverture d'une enquête et qualification des faits
La plainte à l'origine de la procédure avait été déposée le 17 juin par son ex-compagne, aujourd'hui âgée de 27 ans. Selon le parquet, une information judiciaire a été ouverte et l'enquête a été confiée au groupement de gendarmerie de l'Essonne. Les faits reprochés couvriraient une période allant de 2019 à 2026, la plaignante évoquant des violences physiques et psychologiques répétées au cours de leur relation.
Le parquet précise que la garde à vue porte notamment sur des violences habituelles avec ITT supérieure à huit jours et sur des faits de harcèlement. Ces qualifications montrent que les magistrats retiennent l'existence d'épisodes répétés et d'une atteinte continue à l'intégrité et à la liberté de la victime, motifs qui justifient une procédure élargie et des investigations approfondies.
Un aveu public, puis la garde à vue
Début septembre, Grégory Guillotin avait publié une prise de position dans laquelle il reconnaissait des « violences physiques et psychologiques ». Il y écrivait : « Je ne vais ni les nier, ni chercher à les justifier », ajoutant qu'il avait « honte ». Cette admission publique n'a pas empêché l'ouverture de l'enquête, qui vise désormais à établir la chronologie précise des faits et à recueillir les éléments de preuve.
« Grégory Guillotin entend répondre pleinement sur les faits qui lui sont reprochés, faire entendre sa version et apporter l'ensemble des éléments utiles à l'enquête », a déclaré son avocat.
L'avocat du mis en cause, Me Tom Michel, a indiqué que la mesure de garde à vue était « prévue depuis plusieurs semaines » et que son client souhaitait « s'expliquer » et « assumer les responsabilités qui sont les siennes ». Selon l'avocat, Grégory Guillotin ne cherche pas à se dérober et coopèrera avec l'enquête.
Les accusations détaillées par la plaignante
Dans sa plainte, la victime décrit un schéma d'emprise comprenant selon elle surveillance, humiliations, insultes et agressions physiques. Elle relate des épisodes datés par elle-même, parmi lesquels :
- un premier coup indiqué en avril 2022 au domicile du couple,
- un geste violent par coup de pied en décembre 2022 lors d'un séjour aux Maldives,
- une gifle et plusieurs coups de pied lors d'autres épisodes ultérieurs (dates non précisées dans les éléments communiqués).
Ces faits, s'ils sont confirmés, constituent la base des qualifications pénales retenues par le parquet. L'enquête devra aussi déterminer l'ampleur exacte des blessures et établir si le seuil d'ITT supérieur à huit jours est effectivement atteint pour au moins l'un des faits reprochés.
Procédure et perspectives
La garde à vue permet aux enquêteurs de confronter les déclarations, de recueillir des éléments matériels et éventuellement de procéder à des confrontations. Le parquet d'Évry a indiqué que la mesure s'inscrivait dans le cadre d'une procédure visant à faire la lumière sur des faits qualifiés de violences habituelles et de harcèlement.
| Période | Éléments évoqués par la plaignante |
|---|---|
| 2019–2026 | Violences psychologiques et physiques répétées selon la plainte |
| Avril 2022 | Premier coup allégué au domicile |
| Décembre 2022 | Coup de pied lors d'un séjour aux Maldives |
La suite de la procédure dépendra des éléments recueillis par les gendarmes : auditions complémentaires, expertises médicales pour chiffrer l'ITT, et éventuelles confrontations entre les protagonistes. Le parquet n'a pas communiqué d'autres éléments sur le déroulé de la garde à vue ni sur une éventuelle mise en examen à ce stade.
Affaire sensible en raison du caractère médiatique du mis en cause, la procédure devra respecter les règles de secret de l'instruction et la présomption d'innocence. Les autorités judiciaires et les enquêteurs poursuivront le travail afin d'établir les responsabilités et de garantir la protection de la plaignante si nécessaire.