Grand Corps Malade, de son vrai nom Fabien Marsaud, revient sous les feux de la scène avec Voir la mer, présenté comme son neuvième album. Artiste incontournable du slam francophone, il célèbre en filigrane une carrière d’environ vingt ans qui a contribué à populariser ce genre depuis la sortie de Midi 20 en 2006.
Un parcours reconnu et populaire
Le slameur compte « plus de deux millions d’albums vendus », signe d’une notoriété solide et d’un public fidèle. L’entretien qui accompagne la sortie de Voir la mer souligne une continuité dans l’approche artistique : loin de se laisser enfermer par le succès, il affirme garder des habitudes simples et une proximité avec son public. «
J’ai l’impression d’être resté moi‑même, sans avoir appliqué de recette particulière. Je bénéficie d’une belle reconnaissance, je prends des photos avec les gens dans la rue, je signe des autographes, mais j’ai très sincèrement l’impression de ne pas valoir mieux qu’eux. J’ai juste un métier public. La notoriété ne m’a jamais fait tourner la tête. Je n’ai jamais changé mes habitudes.»
Évolution musicale : du slam aux couleurs pop, jazz et funk
Si le slam reste la colonne vertébrale de son écriture, l’artiste a progressivement ouvert son univers à d’autres esthétiques. L’album Voir la mer illustre ce pont entre passé et présent en intégrant des influences variées — de la pop au jazz, en passant par des touches de funk — et s’appuie sur des collaborations, qui constituent désormais l’une de ses marques de fabrique.
- Un style originel : le slam et l’écriture orale, née dans les scènes des bars et des joutes verbales.
- Des évolutions sonores : intégration de genres musicaux voisins (pop, jazz, funk).
- Une présence scénique et médiatique constante, sans rupture de comportement face au public.
Refuser l’étiquette « thérapeutique »
Aux débuts de sa carrière, son écriture avait été qualifiée de « thérapeutique » par une partie des médias. L’artiste a toujours contesté cette étiquette, jugeant qu’elle enfermait son travail dans une lecture réductrice. Pour lui, le slam est d’abord « un jeu d’écriture », un lieu de rencontres et de convivialité, même si l’introspection reste une dimension inévitable de l’exercice littéraire et poétique.
| Repères | Faits |
|---|---|
| Midi 20 | Premier album notable ayant popularisé le slam (2006) |
| Voir la mer | Neuvième album, nouvelle étape de son parcours artistique |
Le propos de l’artiste met en lumière deux constantes : une écoute attentive du public et une liberté d’expérimentation musicale. La popularité acquise n’a pas modifié son rapport au métier et au public, ce qui explique sans doute la longévité de sa carrière et l’attachement du public.
Pour les amateurs de musique francophone, Voir la mer apparaît comme une occasion de mesurer l’évolution du slam sur deux décennies, du format parlé des débuts à des formes hybrides explorant des arrangements plus mélodiques et orchestrés. Sans renier ses racines, Grand Corps Malade poursuit ainsi une trajectoire d’ouverture, s’appuyant sur des collaborations et des passerelles stylistiques pour renouveler son écriture.
À l’heure où la scène francophone se réinvente, cet album rappelle que le slam, loin d’être figé, continue de se décliner et de se mêler à d’autres esthétiques, permettant à des artistes comme Grand Corps Malade de toucher un public large tout en conservant une identité singulière et une parole reconnue.