Forza Horizon 6, plébiscité à sa sortie pour sa reconstitution du Japon, se retrouve au centre d’une polémique autour du traitement réservé à une sous-culture japonaise : les itasha, ces voitures entièrement décorées de personnages d’anime, de manga ou de jeux vidéo. Depuis quelques jours, plusieurs joueuses et joueurs japonais rapportent des bannissements ciblant des véhicules personnalisés partagés via le « Creative Hub » du titre.
Des créations retirées, des comptes suspendus
Les témoignages rassemblés par la presse spécialisée indiquent que de nombreux créateurs d’itasha ont supprimé leurs créations de la plateforme et hésitent désormais à en proposer de nouvelles. Des sanctions temporaires — voire des interdictions d’accès — auraient été appliquées à des comptes ayant publié des livrées décorées. Dans certains cas, la sanction concernerait même des projets jamais rendus publics, comme des esquisses ou des travaux en cours.
Des explications encore floues
Les auteurs du signalement évoquent la possibilité de campagnes de signalements massifs comme facteur déclenchant des bannissements, mais cette hypothèse n’a pas été confirmée par le studio. Les motifs précis des mesures prises par l’éditeur restent donc incertains au regard des informations disponibles publiquement.
Réactions de la communauté
La communauté japonaise, où la pratique de l’itasha est un phénomène culturel établi mêlant passion automobile et fandom otaku, manifeste un sentiment d’injustice. Plusieurs joueuses et joueurs estiment que ces véhicules décorés coexistaient sans heurts dans les précédents épisodes de la série Horizon, et s’indignent d’une rupture de traitement dans ce nouvel opus.
« Les itasha ont toujours coexisté pacifiquement dans les précédents opus de Horizon. C’était normal. C’était paisible. Et voilà que dans cet opus se déroulant au Japon, berceau des itasha, elles deviennent un motif de sanction. Ils se servent de cette culture quand ça les arrange pour vendre, mais la piétinent de l’intérieur. Cette arrogance est inacceptable. »
Ce message, posté sur le réseau social X, résume l’amertume d’une partie des utilisateurs qui perçoivent une forme d’« exploitation » commerciale suivie d’un manque de respect pour la culture d’origine.
Quels enjeux pour la modération et la création communautaire ?
Plusieurs questions se posent désormais autour de la politique de modération du jeu et de la protection des créations des joueurs :
- transparence des motifs de bannissement ;
- recours possibles pour les créateurs sanctionnés ;
- impact des signalements en masse sur des contenus culturels légitimes.
| Action rapportée | Conséquence |
|---|---|
| Bannissements de comptes pour créations itasha | Retrait d’œuvres et baisse de la participation créative |
| Sanctions sur projets non publiés | Climat d’autocensure chez certains créateurs |
| Campagnes de signalements possibles | Modération déclenchée sans clarification publique |
À ce stade, le studio Playground Games et l’éditeur du jeu n’ont pas publié de réponse officielle explicitant les raisons de ces mesures ni la procédure de recours. L’absence de communication contribue à l’inquiétude et alimente les spéculations sur la nature réelle du problème : violation de droits d’auteur, signalements ciblés, ou application automatisée de règles générales sans prise en compte du contexte culturel.
Pour la communauté des joueurs et des créateurs, l’affaire interroge plus largement la manière dont les grandes productions exploitent des codes culturels locaux tout en gérant la liberté de création sur leurs plateformes. Si l’usage commercial d’éléments culturels est salué lors de la promotion d’un jeu, la manière dont ces mêmes éléments sont ensuite modérés peut durablement affecter la confiance des publics et la vitalité des pratiques créatives.
Nous avons contacté des porte-parole de la communauté itasha et des représentants du jeu pour recueillir des précisions sur l’étendue des sanctions et les moyens de contestation ; ces réponses seront publiées dès qu’elles seront disponibles.