La fermeture des réseaux mobiles anciens entre dans sa phase décisive. La 2G doit disparaître d’ici la fin 2026 au niveau national, tandis que la 3G est programmée pour une extinction définitive en 2028 et que le réseau cuivre pourrait être abandonné pour certaines communes jusqu’en 2029. Ces échéances, confirmées par les opérateurs, suscitent des inquiétudes auprès d’usagers et d’entreprises, notamment dans des zones encore dépendantes de ces technologies.
Un calendrier opérationnel et différencié
Les opérateurs ferment leurs lignes à des dates qui varient. Pour la 2G, Orange prévoit une fermeture à la fin septembre, tandis que SFR a fixé au 15 novembre sa date d’arrêt. La 3G, elle, restera active jusqu’à 2028, date butoir évoquée par les acteurs du secteur, et la migration du réseau cuivre s’étalera jusqu’à 2029 pour certaines communes, selon les calendriers publiés par les opérateurs.
| Réseau | Date indicative |
|---|---|
| 2G | Fin 2026 (Orange : fin septembre ; SFR : 15 novembre) |
| 3G | 2028 (arrêt définitif) |
| Cuivre | Jusqu’en 2029 pour certaines communes |
Des territoires encore dépendants
Dans les Pyrénées‑Orientales, l’un des départements cités, la transition se heurte à la réalité du terrain. Les opérateurs estiment que « quelques milliers » d’utilisateurs demeurent sur la 2G, tandis que le réseau cuivre est encore utilisé par environ un habitant sur deux, un taux supérieur à la moyenne nationale où près de 80 % des usagers disposent déjà de la fibre.
« On est en train de maintenir des réseaux qui consomment une énergie folle pour très peu de personnes », a déclaré Isabelle Simon, déléguée régionale Méditerranée d’Altice France (maison mère de SFR).
Cette remarque fait écho à un argument fréquemment avancé par les opérateurs : les technologies anciennes sont énergivores. À l’appui, ils indiquent que la 2G représente aujourd’hui 30 % de la consommation énergétique des réseaux mobiles pour seulement 1 % des utilisateurs. Les compagnies estiment donc légitime la modernisation des infrastructures pour réduire l’empreinte énergétique et libérer des fréquences pour des services plus modernes.
Conséquences pour les particuliers et les services professionnels
Au‑delà des téléphones anciens, la fermeture des réseaux affectera des équipements variés : terminaux de paiement, barrières de parking, ascenseurs connectés et autres dispositifs utilisant la 2G/3G. Les opérateurs insistent sur la responsabilité des sociétés gestionnaires de ces équipements : celles‑ci doivent vérifier la compatibilité de leurs matériels avec les réseaux 4G/5G ou prévoir des solutions alternatives.
- Des campagnes d’information locales sont menées depuis deux ans.
- Un « camion mobile » se déplace dans les villages reculés pour informer et accompagner les usagers.
- Les professionnels sont encouragés à contacter leurs gestionnaires de services pour anticiper les bascules.
« On informe depuis deux ans. Ça paraissait lointain mais ça arrive maintenant », résume Mme Simon, qui souligne la mise en place de permanences et d’actions de proximité. Pourtant, dans les zones où la fibre tarde à arriver ou où les usages restent hérités du passé, la transition technique et financière peut être problématique pour des foyers ou des petites entreprises.
Vers quelles adaptations ?
Pour limiter les ruptures de service, les opérateurs encouragent la migration vers des terminaux compatibles 4G/5G, l’utilisation d’offres de box fixes quand la fibre est accessible, ou le recours à des solutions dédiées pour les professionnels (modems 4G, cartes M2M récentes). Les collectivités locales et les entreprises devront coordonner ces adaptations pour éviter des interruptions sur des services critiques.
La fin programmée des réseaux 2G/3G et la disparition progressive du cuivre posent donc des défis techniques, sociaux et énergétiques. Les annonces des opérateurs s’accompagnent d’efforts d’information, mais la réussite de la transition dépendra de la capacité des territoires et des acteurs économiques à s’équiper et à s’organiser avant les dates butoirs.