La province vietnamienne de Thai Nguyen connaît une montée en puissance de l'économie collective qui restructure progressivement les relations avec le secteur privé et les marchés. Selon les autorités locales, la région compte désormais 5 263 groupements coopératifs et 1 336 coopératives, des acteurs qui fournissent non seulement des matières premières et des services, mais participent aussi activement à la chaîne de valeur régionale.
Une complémentarité entre coopératives et entreprises privées
Les autorités constatent que ce maillage favorise une relation de complémentarité : les coopératives apportent des volumes de production et des services organisés, tandis que les ménages et les entreprises privées achètent ces produits, intègrent des technologies et assurent la transformation et la commercialisation. Ce modèle conjugué contribue, selon le rapport local, à un développement économique plus harmonieux et à une croissance régionale renforcée.
Transition verte et numérique : des coopératives en mutation
Pour répondre aux attentes des marchés et aux exigences des chaînes d'approvisionnement nationales et internationales, de nombreuses coopératives de Thai Nguyen amorcent une transformation de leurs méthodes. La stratégie vise trois objectifs : adopter des pratiques plus écologiques, augmenter la valeur ajoutée des produits et faciliter l'accès aux marchés. La transformation numérique, la transition verte et le développement d'une économie circulaire sont mis en avant comme leviers prioritaires.
Un exemple concret cité par les autorités est celui d'une coopérative de thé qui a évolué vers une production biologique et a commencé à utiliser du biochar, un amendement issu de la pyrolyse de sous-produits agricoles, pour améliorer la santé des sols. Cette évolution illustre le passage d'une production traditionnelle à des pratiques intégrant sciences et technologies.
Conséquences pour les producteurs et la filière
Les coopératives multiplient les participations aux foires commerciales, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la province, afin de nouer des partenariats de distribution avec des entreprises privées. Pour les producteurs, cela signifie :
- un meilleur accès aux marchés et à des circuits de commercialisation plus stables ;
- une incitation à adopter des standards de qualité et des pratiques durables ;
- une plus grande attractivité pour les investissements dans la transformation et la logistique.
Pour les entreprises privées, la structuration de l'offre locale par des groupements facilite l'approvisionnement en matières premières « propres » et permet d'intégrer plus rapidement des innovations technologiques dans les processus de production.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Groupements coopératifs | 5 263 |
| Coopératives | 1 336 |
Quelles leçons pour l'extérieur ?
Sans prétendre à un transfert automatique de modèles, l'expérience de Thai Nguyen met en lumière plusieurs pistes d'intérêt pour d'autres régions : l'importance d'une structuration locale de l'offre, le rôle des coopératives comme vecteurs de transition écologique et technologique, et la valeur d'une coopération étroite entre acteurs collectifs et privés pour stabiliser les chaînes d'approvisionnement.
Pour les décideurs et les entreprises qui suivent ces évolutions, la clé reste la capacité des coopératives à standardiser la qualité, à investir dans les technologies et à se connecter efficacement aux marchés. À Thai Nguyen, ces transformations sont déjà en cours, avec des coopératives qui repensent leurs modèles de production et leur commercialisation pour répondre à une demande nationale et internationale en pleine mutation.
Cette dynamique régionale illustre une tendance plus large : elle montre que l'économie collective, quand elle s'inscrit dans une stratégie de modernisation, peut jouer un rôle moteur pour la filière privée et la durabilité des systèmes de production.