L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) progresse à un rythme alarmant et a déjà fait plus de 2 128 décès parmi 4 566 cas confirmés trois mois après sa déclaration, a averti l’ONU le 14 août.
Un virus qui gagne du terrain
Le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, a qualifié la flambée d’« une des plus rapides jamais enregistrées » et a estimé que, dans les conditions actuelles, le virus « tue une personne toutes les 30 minutes ». Cette mise en garde intervient après une réunion d’urgence entre responsables des agences onusiennes, alors que les capacités des structures sanitaires congolaises peinent à suivre l’ampleur de la crise.
« Ebola est en train de gagner en République démocratique du Congo (RDC). Nous ne pouvons pas laisser le virus dépasser notre riposte », a déclaré Tom Fletcher.
Selon le communiqué publié par l’ONU, la riposte reste insuffisante face à la vitesse de propagation. Les services de santé du pays, déjà fragilisés par des décennies de difficultés économiques et d’insécurité, souffrent d’un manque de moyens matériels et humains pour contenir l’épidémie.
Appel à une mobilisation internationale
Face à l’aggravation de la situation, Tom Fletcher a demandé une réaction rapide et concertée de la communauté internationale. L’ONU a annoncé le déblocage de fonds et l’envoi de renforts : 20 membres de personnel supplémentaires ont été déployés en première ligne, et 30,5 millions de dollars (environ 26,4 millions d’euros) ont été alloués par le Fonds central d’intervention d’urgence des Nations unies (CERF).
Ces moyens s’ajoutent aux 24 millions de dollars précédemment consacrés à la RDC et à quatre pays voisins pour faire face à l’épidémie. Mais l’ONU rappelle que les besoins restent considérables. Le communiqué fait état d’un plan de ressources bien plus vaste pour maîtriser la dynamique épidémique.
Chiffres clés
Les derniers bilans officiels rapportés par l’ONU font apparaître :
- 4 566 cas confirmés d’Ebola;
- 2 128 décès attribués à l’épidémie;
- Une mortalité telle que, selon l’ONU, une personne meurt en moyenne toutes les 30 minutes depuis le début de la flambée.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Cas confirmés | 4 566 |
| Décès rapportés | 2 128 |
Contexte et défis opérationnels
La RDC a déclaré cette épidémie le 15 mai. Les systèmes de santé affectés sont parmi les moins bien dotés au monde, ce qui complique la recherche des cas, le suivi des contacts, l’isolement des malades et la vaccination ciblée. L’ONU pointe également les difficultés logistiques et sécuritaires qui ralentissent la mise en œuvre des interventions de santé publique sur le terrain.
La flambée actuelle a déjà dépassé, en termes de vitesse, certaines épidémies précédentes en RDC. La plus meurtrière connue du pays, entre 2018 et 2020, avait causé près de 2 300 décès pour 3 500 cas recensés sur cette période ; l’ampleur et la rapidité de la situation actuelle imposent donc une réponse renforcée.
Quelle réponse attendre ?
Outre l’aide financière allouée par le CERF, l’ONU souligne l’importance d’une coordination internationale accrue, d’un soutien logistique et de renforts humains spécialisés (épidémiologistes, équipes de vaccination, logisticiens). La visibilité et la disponibilité des ressources déterminent la capacité à enrayer la chaîne de transmission et à limiter le nombre de décès.
Pour les autorités sanitaires congolaises et leurs partenaires, la priorité reste : détecter rapidement les nouveaux cas, isoler et traiter les patients, identifier et suivre les contacts, et intensifier les campagnes de vaccination dans les zones exposées.
La communauté internationale est désormais appelée à « se réveiller et se mobiliser », selon les termes de Tom Fletcher, si l’on veut éviter que l’épidémie ne continue de gagner du terrain.