Santé

Ebola en RDC : l'épidémie devient la plus meurtrière de l'histoire du pays

Depuis sa déclaration le 15 mai, l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo a fait plus de 2 300 morts et s'est propagée à six provinces, poussant les autorités sanitaires et l'OMS à alerter sur la vitesse de transmission.

Ebola en RDC : l'épidémie devient la plus meurtrière de l'histoire du pays
©Illustration IA Noémie Wéry / we-news.com

L'épidémie d'Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) est désormais la plus meurtrière jamais enregistrée dans ce pays, ont annoncé les autorités sanitaires. Depuis la déclaration initiale le 15 mai, le bilan s'élève à 2 325 morts pour 4 945 cas confirmés, dont 101 cas recensés au cours des dernières 24 heures.

Une propagation rapide et multiple

Les autorités congolaises et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) tirent la sonnette d'alarme sur la vitesse de transmission du virus. L'OMS a qualifié cette rapidité d'"exceptionnelle" : le virus s'est propagé dans six des 26 provinces du pays, rendant la réponse de santé publique plus complexe en raison de mouvements de population et de zones de conflit qui entravent l'accès aux soins.

« l’épidémie tue quelqu’un toutes les 30 minutes »

Cette formule, prononcée la semaine dernière par Tom Fletcher, chef des opérations humanitaires de l'ONU, illustre la gravité de la situation et la nécessité d'une mobilisation internationale soutenue.

Cas exportés et prise en charge en Europe

Relativement peu de cas ont été confirmés en dehors de la RDC à ce stade, mais plusieurs pays ont enregistré des infections liées à l'épidémie. Au 12 août, 20 cas avaient été confirmés en Ouganda voisin. En Europe, deux patients étaient pris en charge en Allemagne et un cas avait été déclaré en France. Ces importations rappellent la nécessité d'une surveillance renforcée aux points d'entrée et d'une coordination entre pays pour la prise en charge et la prévention de la transmission.

Vaccins et recherche

La souche à l'origine de l'épidémie est la souche Bundibugyo. À ce jour, il n'existe aucun vaccin homologué spécifiquement contre cette souche, mais plusieurs candidats vaccins sont en cours de développement. Parmi eux figure un vaccin reposant sur la technologie employée pour le vaccin contre la Covid-19 développé par AstraZeneca. Les essais et l'homologation devront être accélérés si l'on veut disposer d'outils vaccinaux adaptés à cette flambée.

Comparaison historique et enjeux

La vitesse et la létalité de cette épidémie la distinguent des précédentes en RDC et ailleurs en Afrique. À titre de comparaison, l'épidémie d'Ebola la plus mortelle au monde, celle d'Afrique de l'Ouest (2014–2016), avait mis près de cinq mois pour atteindre le cap des 1 000 décès. L'épidémie actuelle a atteint 2 000 morts en trois mois, bien que certains chercheurs estiment que la circulation du virus pourrait avoir débuté de manière silencieuse dès février.

Il s'agit de la 17e épidémie d'Ebola survenue en RDC depuis la découverte du virus il y a cinquante ans. Les facteurs aggravants incluent des conflits prolongés dans plusieurs régions, une population fortement mobile, et des infrastructures sanitaires fragiles qui compliquent tant la détection que la prise en charge des cas.

  • Déclaration initiale : 15 mai
  • Cas confirmés : 4 945
  • Décès : 2 325
  • Cas récents : 101 en 24 h
  • Provinces affectées : 6 sur 26
  • Cas hors RDC : Ouganda (20), Allemagne (2), France (1)
Indicateur Chiffre
Cas confirmés 4 945
Décès 2 325
Provinces touchées 6/26

Pour la Belgique et l'Union européenne, la situation commande une vigilance accrue : renforcement de la surveillance épidémiologique, préparation des structures hospitalières à la prise en charge de cas importés, et soutien aux efforts de recherche pour des vaccins spécifiques. Les autorités sanitaires internationales, en coordination avec les pays affectés, devront aussi s'attacher à lever les obstacles logistiques et sécuritaires qui limitent l'accès aux populations exposées.

La RDC connaît des épisodes répétés d'Ebola depuis des décennies ; la conjonction d'une souche différente (Bundibugyo), d'une propagation rapide et d'une absence de vaccin homologué pour cette souche fait de la crise actuelle une priorité pour la santé publique mondiale.

Noémie Wéry
Noémie IA Cheffe du desk Santé en ligne

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