Une intervention de secours pour une fuite d’eau a conduit, le 11 janvier 2020, à la découverte d’une importante culture de cannabis dans un immeuble du centre-ville de Dinant, a rappelé le parquet de Namur. Les pompiers sont tombés sur des restes d’une précédente récolte et sur 974 plants de cannabis, dissimulés dans une pièce séparée et verrouillée.
Découverte fortuite et enquête policière
La découverte a été totalement fortuite, lors d’une opération qui n’avait rien à voir avec une suspicion de trafic. Les enquêteurs ont depuis reconstitué les faits en s’appuyant principalement sur l’analyse des images de vidéosurveillance du centre-ville et sur des écoutes téléphoniques. Ces éléments ont permis d’identifier plusieurs suspects qui comparaissent aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Dinant, soit près de six ans et demi après la découverte.
Les prévenus et les réquisitions du parquet
Quatre personnes sont visées par l’action publique :
- l’ancien propriétaire de l’immeuble, qui avait loué le bien à un ami proche ;
- le locataire, absent à l’audience ;
- et deux autres personnes ayant, selon l’acte d’accusation, contribué au développement de la culture.
Les réquisitions du parquet sont variées : il réclame notamment deux ans de prison avec sursis contre l’ancien propriétaire et deux ans ferme à l’encontre du locataire absent. Pour les deux autres prévenus, le parquet requiert respectivement 30 mois par défaut pour l’un et 30 mois avec sursis pour l’autre, qui a reconnu les faits.
| Prévenu | Situation | Réquisition du parquet |
|---|---|---|
| Ancien propriétaire | Affirme ne rien avoir remarqué | 2 ans, avec sursis |
| Locataire | Absent à l’audience | 2 ans ferme |
| Co‑prévenu A | Jugé par défaut | 30 mois |
| Co‑prévenu B | Aveu de participation | 30 mois, avec sursis |
Défense et éléments « interpellants »
L’ancien propriétaire conteste avoir eu connaissance de la culture. Il explique avoir loué son bien à un ami qui devait y ouvrir un café et souligne avoir reçu, le 8 janvier 2020 — soit trois jours avant la découverte — la visite d’un géomètre et d’agents immobiliers, qui n’auraient rien remarqué non plus. Il assure ne s’être jamais rendu compte de la présence d’une plantation.
"Ils sont tombés sur des déchets d'une récolte précédente et sur 974 plants de cannabis", a rappelé le parquet de Namur.
Pour autant, le président du tribunal et le parquet estiment que plusieurs éléments doivent interpeller. Parmi ceux‑ci, une vidéo des caméras municipales montrerait le prévenu déplacer, quelques heures avant la visite des agents immobiliers, des sacs et du matériel de culture vers son pick‑up. Son nom ressortirait également des écoutes téléphoniques menées dans le cadre de l’enquête.
Casier et parcours d’un prévenu
La personnalité de l’un des prévenus figure dans les débats : l’homme est déjà connu de la justice et cumule 15 condamnations antérieures, selon le dossier, mais aucune n’était liée aux stupéfiants. Son avocate plaide toutefois l’acquittement lors de l’audience.
Le dossier illustre la complexité des enquêtes sur des cultures clandestines découvertes de manière fortuite, et la manière dont des éléments techniques — vidéosurveillance, écoutes — prennent une place centrale lorsque l’infraction n’a pas été repérée de façon préventive. Le tribunal de Dinant se prononcera sur ces éléments et sur les réquisitions du parquet lors des prochaines étapes de la procédure.