La Fédération française des Diabétiques (FFD) demande une intégration systématique de la santé sexuelle dans le suivi des patients atteints de diabète. Selon l'association, les troubles sexuels — fréquents chez les personnes diabétiques — sont trop souvent laissés de côté lors des consultations, alors que des solutions existent et que le dépistage précoce peut améliorer la qualité de vie.
Des chiffres qui témoignent d'un problème fréquent mais méconnu
La FFD rappelle que les troubles sexuels touchent une part importante des personnes vivant avec un diabète : environ 50 % des hommes ayant un diabète de type 1 et près de 70 % de ceux avec un diabète de type 2 peuvent présenter une dysfonction érectile. Du côté des femmes, la sécheresse vaginale est deux fois plus fréquente chez les patientes diabétiques. Par ailleurs, la fédération souligne que 130 000 femmes sont concernées chaque année par un diabète gestationnel.
| Population | Trouble rapporté |
|---|---|
| Hommes, diabète type 1 | ~50 % — dysfonction érectile |
| Hommes, diabète type 2 | ~70 % — dysfonction érectile |
| Femmes vivant avec un diabète | Sécheresse vaginale ×2 par rapport à la population non diabétique |
| Femmes enceintes | 130 000 cas annuels de diabète gestationnel (France) |
Un sujet souvent évité en consultation
La FFD pointe plusieurs raisons expliquant le faible abord de la sexualité en consultation : priorité donnée au contrôle glycémique et à la prévention des complications, manque de temps, absence de formation spécifique des professionnels ou crainte de mettre les patients mal à l'aise. L'association considère pourtant qu'une simple question peut ouvrir le dialogue et conduire à une prise en charge adaptée.
« Les consultations consacrées aux diabètes sont souvent centrées sur l'équilibre glycémique, les traitements ou la prévention des complications cardiovasculaires, rénales, neurologiques ou ophtalmologiques. »
Des objectifs clairs pour améliorer le parcours de soins
La fédération formule des propositions concrètes : mieux informer les patients sur les conséquences du diabète sur la santé sexuelle, favoriser le repérage précoce des problèmes, orienter vers des solutions adaptées et encourager le dialogue entre patients et professionnels. Pour diffuser ces messages, la FFD lance une campagne intitulée « Diabètes et santé sexuelle : parlons-en sans tabou ! », déclinée en brochures, vidéos et conférences.
- Améliorer l'information des patients et des soignants sur les liens entre diabète et sexualité.
- Intégrer la santé sexuelle comme item systématique du suivi diabétique.
- Former les professionnels pour repérer et traiter ces troubles ou orienter vers des spécialistes.
Conséquences pour la prise en charge
Si la majorité des éléments de la campagne provient de la FFD, ils soulèvent des questions utiles pour les autorités de santé et les cabinets de diabétologie en Belgique : faut‑il ajouter des repères standardisés dans les consultations ? Proposer des formations ciblées aux généralistes et spécialistes ? Renforcer l'accès à des consultations pluridisciplinaires (sexologues, psychologues, urologues, gynécologues) ? La fédération insiste sur le fait que mieux traiter ces problématiques améliore la qualité de vie, au‑delà des seuls indicateurs biologiques.
En présentant ces constats chiffrés et en lançant sa campagne, la FFD cherche à rompre le tabou et à inciter à des pratiques plus complètes et humaines dans le suivi du diabète. Les autorités sanitaires et les professionnels sont appelés à réfléchir à des mesures concrètes pour que la santé sexuelle devienne un volet reconnu et systématique du parcours de soins.