Le pouvoir organisateur de l’Ecole de recherche graphique (ERG) et de l’Ecole supérieure des arts Saint‑Luc a déposé, lundi, une plainte auprès du procureur du Roi suite à des signalements de violences sexuelles visant un enseignant qui intervenait dans les deux établissements bruxellois. L’intéressé a été définitivement écarté de ses fonctions, précisent les écoles.
Des signalements « très graves » transmis à la justice
Les premières alertes sont parvenues par plusieurs étudiantes qui ont rapporté des faits d’atteinte à l’intégrité sexuelle. Face à ces témoignages, le pouvoir organisateur a estimé nécessaire de porter l’affaire à la connaissance du parquet afin de déclencher une information judiciaire. Les directions insistent sur la volonté que « la justice puisse déterminer l’ampleur des faits et établir leur réalité, par la voie d’une enquête pénale objective et indépendante ».
« Il est indispensable que la justice puisse déterminer l’ampleur des faits et établir leur réalité, par la voie d’une enquête pénale objective et indépendante. »
Me Olivia Venet, avocate du pouvoir organisateur, a signé le communiqué accompagnant le dépôt de plainte, sans autre précision sur la nature exacte des faits allégués.
Mesures prises par les écoles
Selon les communiqués, les établissements ont d’abord engagé une procédure interne de suspension préventive dès la réception de témoignages jugés « circonstanciés ». Cette mesure visait à interdire tout contact entre l’enseignant et les étudiants en attendant les suites. L’homme concerné a depuis quitté définitivement les deux écoles.
- Protection des personnes concernées : soutien annoncé aux étudiantes et au personnel affectés.
- Respect de la procédure : les écoles rappellent qu’elles agiront dans le cadre de l’enquête et en respectant la présomption d’innocence.
- Appel aux autres victimes : invitation à se manifester auprès des contacts internes ou de la cellule Marcelle, dédiée aux étudiants confrontés au harcèlement, au racisme, aux discriminations et aux violences sexistes.
Les directions insistent sur la confidentialité du dossier et précisent qu’aucun commentaire ne sera formulé concernant le fond de l’affaire pendant l’enquête.
| Établissement | Action prise | Statut de l'enseignant |
|---|---|---|
| ERG (Ecole de recherche graphique) | Dépôt de plainte auprès du procureur du Roi; suspension préventive initiale | Définitivement quitté |
| Saint‑Luc (Ecole supérieure des arts) | Dépôt de plainte auprès du procureur du Roi; suspension préventive initiale | Définitivement quitté |
Enjeux pour la communauté étudiante et le réseau d'enseignement artistique
La communication conjointe des deux écoles souligne l’impact de telles affaires sur la confiance des étudiants et du personnel. Elles affirment leur « entier soutien » aux personnes concernées et rappellent l’existence de ressources d’accompagnement, en particulier la cellule Marcelle, espace bruxellois destiné aux étudiants victimes de harcèlement, discriminations ou violences sexistes.
Le dossier soulève également des questions sur les procédures internes de signalement et de protection dans les institutions d’enseignement supérieur artistique, domaine où les relations professeur‑étudiant peuvent être à la fois professionnelles et intimement liées à des processus créatifs. Les écoles ont choisi, pour l’heure, la voie judiciaire afin d’assurer une évaluation indépendante des faits et d’éviter toute interférence dans l’enquête.
La plainte déposée auprès du parquet marque le passage du signalement interne à la phase judiciaire. Les autorités compétentes auront désormais la charge d’ouvrir une information et de déterminer la suite à donner, conformément aux éléments de preuve et aux témoignages recueillis.
En attendant, les établissements répètent leur engagement à accompagner les victimes et à coopérer avec la justice, tout en préservant la présomption d’innocence pendant la durée de l’enquête.