L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a indiqué, le 10 septembre, son projet d’envoyer un courrier à environ 1,6 million de femmes en France ayant pris un contraceptif contenant du désogestrel. Cette initiative fait suite à une étude publiée le 11 juin par Epiphare, le groupement d’expertise en épidémiologie des produits de santé rattaché à l’ANSM et à la Caisse nationale de l’assurance maladie, qui relève un risque « faible » d’apparition de méningiome.
Qu’est‑ce que le désogestrel et quel est le risque identifié ?
Le désogestrel est un progestatif utilisé dans certaines pilules contraceptives dont la fonction principale est d’empêcher une grossesse. Selon l’étude d’Epiphare, les personnes ayant consommé des médicaments contenant ce principe actif présentent un risque accru — mais qualifié de faible — de développer un méningiome, une tumeur généralement bénigne des membranes entourant le cerveau et la moelle épinière.
Symptômes à surveiller
Les symptômes évoqués à surveiller et qui peuvent éveiller un soupçon de méningiome comprennent :
- maux de tête ;
- troubles visuels ou auditifs ;
- pertes de mémoire.
Ces signes ne constituent pas en eux‑mêmes la preuve d’une tumeur, mais doivent conduire à consulter un professionnel de santé pour un examen approprié.
Mesures prévues et contexte
Face aux conclusions de l’étude publiée le 11 juin, l’ANSM a décidé de contacter directement les personnes potentiellement concernées pour les informer des résultats et des précautions à prendre. L’envoi du courrier vise à assurer une diffusion claire et ciblée de l’information auprès des patientes qui ont utilisé ces contraceptifs.
Le groupement Epiphare, qui a réalisé l’analyse pour l’ANSM et la Caisse nationale de l’assurance maladie, appuie l’alerte en fournissant une évaluation épidémiologique du lien entre exposition au désogestrel et occurrence de méningiome.
Que faire si l’on a pris un contraceptif à base de désogestrel ?
Les recommandations générales, au vu des informations publiées, sont de :
- surveiller l’apparition de symptômes évocateurs (maux de tête persistants, troubles visuels ou auditifs, pertes de mémoire) ;
- prendre contact avec son médecin ou son gynécologue pour discuter des risques et, le cas échéant, envisager une évaluation clinique ;
- ne pas arrêter spontanément une contraception sans avis médical, car l’arrêt peut avoir d’autres conséquences de santé ;
- attendre et lire le courrier informatif que l’ANSM prévoit d’adresser aux personnes concernées pour des consignes adaptées.
La communication de l’ANSM s’inscrit dans une logique de transparence et de prévention : informer précisément les patientes exposées pour leur permettre de prendre, avec un professionnel de santé, les décisions les mieux adaptées à leur situation.
Cette alerte illustre la vigilance exercée par les autorités sanitaires sur les médicaments déjà commercialisés et l’importance des études épidémiologiques pour détecter des effets potentiels à plus long terme. L’évaluation d’Epiphare qualifie le sur‑risque de « faible », mais la démarche d’information ciblée témoigne d’une volonté d’anticipation afin de protéger la population.