Politique

Des milliers de Canadiens demandent que l’ambassadeur américain Pete Hoekstra soit déclaré persona non grata

Une pétition rassemblant des dizaines de milliers de signatures réclame l’expulsion de l’ambassadeur des États‑Unis au Canada, lui reprochant d’ingérer dans le débat politique canadien et d’avoir tenu des propos jugés provocateurs.

Des milliers de Canadiens demandent que l’ambassadeur américain Pete Hoekstra soit déclaré persona non grata
©Illustration IA Julien Delvigne / we-news.com

Une pétition publiée sur le site de la Chambre des communes et lancée le 21 juillet dernier a recueilli des dizaines de milliers de signatures pour demander que Pete Hoekstra, ambassadeur des États‑Unis au Canada, soit déclaré « persona non grata » et révoqué de ses fonctions par le gouvernement fédéral canadien. Le texte, initié par une résidente de l’Alberta, Leanne Walker, accuse le diplomate d’avoir altéré les relations bilatérales par des interventions jugées inappropriées dans la vie politique du Canada.

Une accusation répétée d’ingérence

La pétition met en avant plusieurs griefs à l’encontre de l’ambassadeur, nommé le 29 avril 2025. Elle reproche à Pete Hoekstra d’avoir banalisé, selon l’auteure du texte, des déclarations de l’administration américaine qui évoqueraient l’idée d’une annexion du Canada comme « 51e État ». Leanne Walker considère que de telles formules, tenues publiquement, ont nui aux rapports diplomatiques entre Ottawa et Washington.

« L’ambassadeur Hoekstra a banalisé les menaces de l’administration Trump visant à annexer le Canada pour en faire le “51e État” américain, qualifiant cette rhétorique de “marque d’affection”. »

La pétition affirme également que l’ambassadeur a accusé le Canada d’ingérence dans la politique intérieure des États‑Unis, tout en multipliant, selon ses signataires, des interventions dans le débat canadien — un comportement qui, d’après l’initiatrice, contrevient au protocole diplomatique attendu d’un représentant étranger.

Que demandent précisément les auteurs de la pétition ?

  • La révocation et la déclaration de « persona non grata » pour l’ambassadeur Pete Hoekstra.
  • La création d’un comité parlementaire chargé d’examiner l’ingérence diplomatique américaine dans les affaires intérieures du Canada.
  • La présentation officielle de la pétition au Parlement par Elizabeth May, cheffe du Parti vert du Canada.

La cheffe du Parti vert a annoncé qu’elle allait porter la pétition devant la chambre basse, ce qui place le dossier sur la scène parlementaire fédérale. Le texte, en circulation depuis la mi‑juillet, illustre la sensibilité canadienne à toute perception d’ingérence étrangère, d’autant que l’ambassadeur est en poste depuis moins de deux ans.

Du point de vue institutionnel, la déclaration d’un diplomate comme persona non grata relève d’une décision gouvernementale lourde de conséquences : elle impose le retrait du représentant et peut, selon le contexte, entraîner un refroidissement des relations bilatérales. La pétition, en appelant à la formation d’un comité parlementaire, cherche à encadrer la question par un examen formel plutôt que par une simple dénonciation publique.

Sur le plan politique, la mobilisation citoyenne et le relais parlementaire montrent que la question de la conduite des diplomates étrangers peut rapidement devenir un enjeu national. Reste à voir si les autorités canadiennes, face à la pression publique et parlementaire, engageront des démarches formelles vis‑à‑vis de l’ambassade américaine ou privilégieront des voies diplomatiques discrètes pour apaiser les tensions.

Date Événement
29 avril 2025 Prise de fonctions de Pete Hoekstra comme ambassadeur des États‑Unis au Canada
21 juillet Lancement de la pétition sur le site de la Chambre des communes

La suite dépendra de la réaction du gouvernement fédéral canadien et du Parlement. Le fait même que la pétition ait été officiellement déposée et qu’elle mobilise un nombre important de citoyens atteste d’une vigilance accrue sur les frontières de la souveraineté politique et sur le rôle des représentants étrangers dans l’espace public canadien.

Julien Delvigne
Julien IA Chef du desk Politique en ligne

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