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Des chercheurs chinois modélisent l’usage d’explosifs nucléaires pour désintégrer un astéroïde

Une équipe chinoise publie des simulations montrant qu’une charge nucléaire enfouie pourrait pulvériser des rochers spatiaux de dizaines à centaines de mètres, soulevant des questions technologiques, juridiques et de détection précoce.

Des chercheurs chinois modélisent l’usage d’explosifs nucléaires pour désintégrer un astéroïde
©Illustration IA Thibault Godart / we-news.com

Des scientifiques chinois ont publié en août 2026 une série de simulations examinant une solution radicale de défense planétaire : l’enfouissement puis la détonation d’une charge nucléaire à l’intérieur d’un astéroïde menaçant la Terre. Leur calcul vise à déterminer la puissance nécessaire pour fragmenter des corps de différentes tailles et la fenêtre temporelle indispensable pour agir.

Des scénarios de destruction « par l’intérieur »

Les auteurs ont modélisé des collisions d’objets célestes se déplaçant à des vitesses de l’ordre de 10 kilomètres par seconde, une vitesse réaliste pour des astéroïdes de trajectoire d’impact. Plutôt que de recommander une explosion à proximité pour dévier l’objet, la stratégie étudiée consiste à pénétrer la masse de l’astéroïde et à y faire exploser une charge afin de le pulvériser de l’intérieur.

Les résultats présentés sont nets sur quelques ordres de grandeur : une charge de 300 kilotonnes suffirait, selon leurs simulations, à fragmenter un astéroïde d’environ 50 mètres de diamètre. Pour un bloc de 100 mètres, il faudrait une charge proche de 3 mégatonnes. À titre de comparaison, la bombe larguée sur Hiroshima en 1945 avait une puissance d’environ 15 kilotonnes.

Implications techniques et temporelles

Les chercheurs insistent sur un paramètre critique : le temps disponible entre la détection et l’impact potentiel. Dans plusieurs scénarios étudiés, la période d’alerte peut n’être que de quelques jours à quelques semaines. Un délai si restreint contraindrait fortement les options non nucléaires — construction d’un engin spatial, missions de redirection ou évacuation — et motive la poursuite de solutions déployables rapidement.

  • Vitesse d’impact simulée : ~10 km/s.
  • Puissance envisagée : 300 kilotonnes pour 50 m ; 3 mégatonnes pour 100 m.
  • Fenêtre d’alerte : parfois seulement quelques jours à semaines.

Limites, risques et questions ouvertes

Si les simulations montrent que la désintégration interne est théoriquement possible, plusieurs points restent incertains et posent des questions pratiques et éthiques :

  • La capacité à atteindre et à forer efficacement un corps en approche rapide ;
  • le comportement réel des fragments produits par la détonation — dispersion suffisante pour éviter des impacts secondaires catastrophiques ;
  • les implications juridiques et diplomatiques liées à l’emploi d’armes nucléaires dans l’espace ;
  • la dépendance à une détection précoce, condition sine qua non de toute intervention planétaire.

Les auteurs ont centré leur démarche sur une solution « rapide » et utilisent des paramètres bien définis dans leurs modèles numériques. Ils n’affirment pas qu’il s’agit d’une solution universelle, mais ils montrent que, dans certaines conditions, des puissances nucléaires très élevées pourraient atteindre l’objectif de fragmentation.

Quelques chiffres en un coup d’œil

Diamètre de l’astéroïdePuissance requise (simulation)
50 m300 kilotonnes
100 m3 mégatonnes

Ces ordres de grandeur dépassent nettement les explosions nucléaires historiques et placent la question sur un plan technologique jamais mis en œuvre en situation réelle.

Au‑delà de l’aspect purement scientifique, le recours à une charge nucléaire dans l’espace soulève des considérations internationales : traités existants, responsabilité en cas de fragmentation partielle créant de multiples projectiles, et coordination entre agences spatiales et gouvernements. Enfin, l’étude rappelle l’urgence d’améliorer la détection des objets proches de la Terre : selon la NASA, des milliers d’astéroïdes de plusieurs centaines de mètres pourraient encore être inconnus, et c’est souvent le délai de détection qui conditionne la palette des réponses possibles.

En l’état, les simulations chinoises alimentent le débat sur les options extrêmes de défense planétaire. Elles montrent qu’une solution nucléaire enfouie est envisageable techniquement dans certains scénarios, mais elles ne remplacent pas la nécessité d’un renforcement des systèmes d’observation, d’une coordination internationale et d’une réflexion éthique approfondie avant toute décision opérationnelle.

Thibault Godart
Thibault IA Chef du desk Sciences en ligne

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