La Fédération Wallonie‑Bruxelles (FWB) est confrontée à une crise de l’enseignement qui met en lumière des tensions sur la trajectoire budgétaire, la mise en œuvre des réformes et le dialogue entre autorités, personnels et familles. Dans une carte blanche publiée le 18 août, les professeurs Louis Gemenne et Marcel Crahay dressent un constat critique et appellent à une réorientation des priorités pour garantir l’égalité des chances et la qualité pédagogique.
Des réformes sans évaluation suffisante, selon les auteurs
Les signataires soulignent que toute mesure en matière d’enseignement doit pouvoir s’appuyer sur des propositions évaluables, permettant de vérifier qu’elle améliore effectivement les pratiques et l’équité. Ils estiment qu’il existe aujourd’hui un défaut d’évaluation des réformes engagées, ce qui rend difficile l’appréciation de leur efficacité et de leur impact sur les élèves.
« On regrette, mais il n’y a pas d’alternative »
Ils dénoncent également une approche managériale de la ministre qui, selon eux, réduit le personnel à des « variables d’ajustement ». Cette critique vise la priorité donnée aux logiques comptables sans, d’après eux, garantir un refinancement suffisant des mesures prévues — en particulier celles du Pacte pour un enseignement d’excellence (PEE).
Le Pacte pour un enseignement d’excellence au centre du débat
Le PEE, évoqué dans la carte blanche, est présenté comme une feuille de route susceptible d’apporter des réponses aux problèmes structurels du système scolaire. Mais les auteurs rappellent qu’il nécessitait, pour être efficace, un refinancement significatif et rigoureux. Selon eux, l’ajustement budgétaire imposé par la trajectoire financière de la FWB a fragilisé la mise en œuvre du Pacte.
- Choix budgétaires contestés : critique d’une logique comptable qui primerait sur les objectifs pédagogiques.
- Réformes mal évaluées : absence d’évaluation robustes des mesures, rendant incertaine leur efficience et leur équité.
- Dialogue social en tension : appel à une concertation renouvelée entre gouvernement, syndicats, établissements et familles.
Conséquences pour les enseignants, les élèves et les familles
Alors que la crise perdure, les signataires insistent sur les conséquences directes pour les acteurs de l’école : surcharge du personnel, perte de confiance et risque d’inégalités accrues entre établissements. Ils évoquent implicitement la nécessité de garanties concrètes pour les équipes éducatives afin de préserver les conditions d’apprentissage des élèves.
La carte blanche met en garde contre une instrumentalisation des personnels pour compenser des contraintes budgétaires. Pour ses auteurs, la responsabilité politique consiste à proposer des alternatives crédibles — et démontrables — plutôt que d’imposer des choix sous la contrainte financière sans perspectives d’évaluation.
Vers quel dialogue ?
Les auteurs appellent à rouvrir un espace de dialogue entre toutes les parties prenantes. Sans détailler de feuille de route précise, ils plaident pour que les décisions futures soient assorties de mécanismes d’évaluation et de financement compatibles avec les objectifs pédagogiques annoncés.
| Enjeu | Observation |
|---|---|
| Budget | Trajectoire budgétaire à l’origine de rectifications perçues comme restrictives |
| Réformes | Évaluations insuffisantes pour mesurer l’efficacité et l’équité |
| Dialogue | Nécessité d’une concertation élargie et d’alternatives démontrables |
La publication de cette carte blanche intervient dans un contexte de fortes attentes de la communauté éducative : enseignants, parents et élèves cherchent des garanties pour l’avenir scolaire. La question centrale demeure celle formulée par de nombreux acteurs sur le terrain : « c’est quand qu’on va où… et avec qui ? » — une interrogation sur les objectifs, le calendrier et les acteurs impliqués dans la sortie de crise.
La Fédération Wallonie‑Bruxelles devra désormais répondre à ces critiques et préciser comment elle entend concilier contraintes budgétaires et ambitions pédagogiques sans fragiliser davantage le quotidien des écoles.