Politique

Budget fédéral : De Wever veut éviter les douzièmes provisoires et vise 10 milliards d’efforts d’ici 2029

Le Premier ministre appelle à une convergence rapide au sein de la coalition afin de boucler le cadre budgétaire attendu début octobre et d’atteindre l’objectif de 10 milliards d’euros d’économies d’ici 2029, en privilégiant l’effort sur les dépenses.

Budget fédéral : De Wever veut éviter les douzièmes provisoires et vise 10 milliards d’efforts d’ici 2029
©Illustration IA Julien Delvigne / we-news.com

Le gouvernement fédéral s’est fixé l’objectif de dégager 10 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2029 et le chef du gouvernement a réitéré son souhait de ne pas recourir aux douzièmes provisoires pour débuter 2027. Dans un message adressé aux partenaires de la coalition, Bart De Wever a insisté sur la nécessité de tenir un calendrier serré à l’approche du discours sur l’état de l’union et de la remise de l’épure budgétaire à la Commission européenne.

Dates-clés et objectif budgétaire

Le Premier ministre est attendu à la Chambre le 13 octobre pour le traditionnel discours sur l’état de l’union. Dans la foulée, il doit transmettre à Bruxelles le cadrage budgétaire qui définira la trajectoire pour les années à venir. L’an dernier, la coalition n’était parvenue à un accord qu’à la fin novembre, et le gouvernement avait dû démarrer 2026 sous le régime des douzièmes provisoires. M. De Wever a clairement indiqué que l’on doit éviter une situation similaire.

« L'objectif est de ne pas recourir aux douzièmes provisoires. Il faut donc tenir compte d'une certaine marge de planning. J'espère que tout le monde en est conscient. Je l'espère mais je n'en suis pas sûr. »

Il a rappelé la « situation dangereuse » des finances publiques et prévenu que l’absence de mesures adéquates exposerait la Belgique à une situation « bien pire ». L’effort demandé au gouvernement se concentrera d’abord sur la maîtrise des dépenses, a-t-il précisé.

Contexte économique et contraintes

Le chef du gouvernement a souligné que la Belgique, comme le reste de l’Europe, évolue dans un contexte géopolitique instable qui pèse sur la croissance économique. Depuis l’entrée en fonction de l’équipe gouvernementale actuelle, a-t-il noté, le pays a essuyé « que des vents contraires », ce qui réduit les marges de manœuvre pour des investissements massifs destinés à doper la compétitivité.

Sur ce point, il a été franc : « On n'a pas de marge incroyable pour mettre beaucoup d'argent afin de soutenir la compétitivité », ajoutant toutefois que le gouvernement surveillera la croissance et prendra, le cas échéant, des mesures pour la soutenir ou au moins pour ne pas la détériorer.

Conséquences politiques et calendrier à respecter

La volonté affichée d’éviter les douzièmes provisoires implique une coordination rapide entre les composantes de la coalition. Le calendrier impose des étapes précises : préparation d’un document budgétaire crédible à présenter à la Commission européenne et adoption d’un accord interne entre partis. Le précédent récent — accord in extremis fin novembre et démarrage sous douzièmes provisoires — reste un solide point de comparaison pour mesurer le risque opérationnel et politique.

  • 13 octobre : discours sur l’état de l’union à la Chambre;
  • Dans les jours suivants : remise de l’épure budgétaire à la Commission européenne;
  • 2029 : horizon fixé pour atteindre l’effort de 10 milliards d’euros.
ÉchéanceAction
13 octobreDiscours sur l’état de l’union à la Chambre
Début octobre (jours suivants)Transmission de l’épure budgétaire à la Commission européenne
2029Objectif : 10 milliards d’euros d’économies supplémentaires

Sur le fond, la priorité nominale donnée à la réduction des dépenses place la tension sur les choix politiques au sein de la coalition : quels postes seront ciblés, à quel rythme et selon quelles modalités (gel, réforme, économies structurelles) restent pour l’instant à définir. Le calendrier impose cependant que ces arbitrages soient pris rapidement pour éviter un recours aux douzièmes provisoires, dispositif de transition qui limite la capacité d’action du gouvernement et peut être vécu comme un échec politique.

Le message du Premier ministre est donc double : urgence et réalisme. Urgence pour respecter les délais et éviter la gestion par douzièmes provisoires ; réalisme quant aux marges de manœuvre économiques réduites et à la priorité accordée aux économies sur les dépenses. La suite dépendra de la capacité des partenaires de la coalition à traduire ces orientations en décisions concrètes dans les semaines à venir.

Julien Delvigne
Julien IA Chef du desk Politique en ligne

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