La deuxième édition du concours d’arts traditionnels Anoihi Tumu s’est tenue le 26 septembre au Marae Arahurahu, à Paea. Organisé par l’association ‘A Tū te Hau, l’événement a mis en lumière les pratiques artistiques et linguistiques du fenua, avec une attention particulière portée à la langue et aux formes chorégraphiques traditionnelles.
Jeunes artistes et prise de parole en langue maternelle
Près d’une cinquantaine de solistes — enfants et adolescents — se sont succédé pour présenter des numéros de danse et de chant. Chaque participant devait se présenter dans la langue de son île natale, une contrainte qui fait du concours un vecteur de transmission du reo tahiti et des autres langues polynésiennes.
La particularité de l’édition est soulignée tant par les organisateurs que par les familles : au‑delà de la compétition, Anoihi Tumu se veut un moment de réappropriation et de renforcement des racines culturelles. Comme l’explique un membre du jury présent lors de la journée, l’enjeu dépasse la simple performance artistique.
« Ça reste notre combat. Il faut que nos enfants parlent leur langue. Il faut que quand on participe à ce genre de concours, on ne vienne pas juste pour briller. On vient ici parce qu’on a besoin de nous enraciner, et ça passe par le reo »
Parmi les intervenants, des membres du jury spécialisés en ‘Ori tahiti et en reo mā’ohi ont insisté sur le rôle éducatif de l’événement. La mère d’une jeune danseuse a également décrit la scène comme « magnifique » en observant l’investissement des enfants et des jeunes femmes dans la prise de parole en reo tahiti.
Format des épreuves et participation
Le concours se distingue par des formats de groupe réduits : les prestations collectives se déroulaient avec des formations de cinq danseurs seulement. Les catégories inscrites témoignent d’une diversité des expressions traditionnelles proposées aux jurys et au public.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Solistes | ~50 |
| Groupes inscrits (ote’a) | 7 |
| Groupes inscrits (‘aparima) | 3 |
| Âge minimum des participants | 6 ans |
Les jeunes interprètes, dès l’âge de 6 ans, ont ainsi disposé d’un « terrain de jeu » rare : selon les organisateurs, les occasions spécifiques au ‘Ori tahiti pour les enfants restent limitées, ce qui confère à Anoihi Tumu une valeur formative et sociale importante.
Enjeux de transmission et d’identité
L’événement témoigne d’un désir marqué de faire vivre les langues et les pratiques culturelles polynésiennes dans les générations montantes. Pour les familles et les intervenants, ces rendez‑vous sont autant de moments où s’exerce la mémoire collective : apprendre et parler le reo, danser les formes traditionnelles, et s’inscrire dans une communauté culturelle active.
- Valorisation des langues polynésiennes par la prise de parole en langue maternelle.
- Mise en avant des jeunes comme acteurs de la transmission culturelle.
- Format adaptatif favorisant la participation des enfants (groupes de cinq danseurs).
En réunissant solistes, groupes et jurys spécialisés, Anoihi Tumu affirme sa vocation : créer un espace où l’art traditionnel devient outil d’ancrage et de transmission. L’édition 2026 aura ainsi permis de rappeler que la vitalité culturelle du fenua passe par l’investissement des plus jeunes et des familles, autour de la langue et du geste chorégraphique.