Arte propose dimanche 27 septembre à 21h00 la rediffusion de Le Parrain 3, troisième volet d’une saga devenue référence du cinéma contemporain. Trente-huit ans après sa sortie en 1990, le film révèle surtout une facette crépusculaire de Michael Corleone, portée par une prestation souvent considérée comme l’une des plus grandes d’Al Pacino.
Un rôle transformé par le temps
Lorsque Francis Ford Coppola imposa, en 1972, un jeune comédien de théâtre méconnu à la Paramount pour incarner Michael — choix alors peu soutenu par le studio — nul n’imaginait que ce personnage deviendrait l’un des plus célèbres du grand écran. Dix-huit ans plus tard, dans le troisième opus, Michael n’est plus le fils qui refuse d’abord les affaires familiales : il règne désormais sur un empire qu’il tente de légitimer, mais dont les fantômes le rattrapent.
Dans ce chapitre final, Al Pacino incarne non seulement le chef impitoyable devenu baron fatigué, mais il explore aussi la vulnérabilité d’un homme en quête de pardon. Beaucoup jugent sa performance particulièrement saisissante, au point que certains estiment qu’elle rivalise avec ses autres grands rôles, notamment celui de Heat.
« Je ne pense pas que le public voulait que Michael passe tout le film à chercher le pardon pour ses péchés. Ils voulaient le Parrain, le personnage qu’on voyait à la fin du deuxième. Moi, j’ai vu le troisième volet comme sa tentative de se libérer de cette prison. »
Ces mots, prononcés par l’acteur quelques années après la sortie, éclairent le parti pris : loin de répéter la mythologie du clan, le film porte un regard introspectif sur la chute et les conséquences morales du pouvoir.
Coppola et la relecture d’un épilogue
Si la prestation d’Al Pacino est unanimement saluée ici, le réalisateur lui-même n’était pas pleinement satisfait de la première version. En 2020, Francis Ford Coppola est revenu à la table de montage pour proposer une nouvelle édition intitulée Le Parrain de Mario Puzo, épilogue : la mort de Michael Corleone. Ce remontage a permis de réajuster l’intention originelle du film : scènes déplacées, coupes ou ajouts ont déplacé la perception du récit sans toutefois altérer la centralité du portrait joué par Pacino.
Malgré ces tentatives de révision, le troisième épisode a longtemps été qualifié de « mal-aimé » au sein de la trilogie, un jugement que la critique et le public continuent de débattre. Reste que, que l’on préfère la version de 1990 ou le remontage de 2020, la performance de l’acteur demeure l’élément qui accroche le plus.
Pourquoi (re)voir « Le Parrain 3 » ?
La diffusion programmée par Arte est une bonne occasion de redécouvrir :
- la trajectoire d’un personnage qui passe de l’innocence à la désillusion ;
- l’interprétation nuancée d’un acteur arrivé au sommet de sa carrière ;
- la manière dont un réalisateur peut revenir sur son œuvre pour en modifier le sens.
Pour accompagner la soirée, pensez à vous installer confortablement et à privilégier une dégustation simple et chaleureuse : un plateau de fromages affinés, quelques charcuteries et un vin rouge ample pour suivre l’intensité dramatique du film. Ce type de soirée met en valeur la photographie, la musique et le jeu d’acteur — autant d’éléments à savourer lentement.
Repères
| Année | Événement |
|---|---|
| 1972 | Première apparition d’Al Pacino dans la saga au cinéma (Le Parrain) |
| 1990 | Sortie de Le Parrain 3 |
| 2020 | Coppola propose un remontage : Le Parrain de Mario Puzo, épilogue |
Arte diffuse Le Parrain 3 dimanche 27 septembre à 21h00. Pour les amateurs de cinéma, c’est l’occasion de revoir un ultime portrait de pouvoir et de chute, servi par une interprétation qui traverse les décennies.