Le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Fady Dagher, a pris publiquement la défense d’une agente du corps municipal après qu’elle a été désignée sur les réseaux sociaux comme potentiellement responsable de la mort d’un passant lors de la fusillade du 22 juin dans l’arrondissement Côte‑des‑Neiges.
Des analyses balistiques qui changent la donne
Des expertises réalisées par le Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale (LSJML) montrent que les projectiles ayant atteint la victime, Michel Mizrahi, proviennent du calibre utilisé par l’assaillant et non des armes de service de la policière. Ces conclusions remettent en cause les interprétations initiales diffusées en ligne dans les heures qui ont suivi le drame.
Dans l’immédiat, le chef du SPVM a dénoncé la rapidité avec laquelle des internautes se sont emparés d’extraits vidéo et ont tiré des conclusions hâtives sans attendre les résultats des enquêtes scientifiques et judiciaires.
« J’espère que les gérants d’estrade feront un examen de conscience aujourd’hui. Que ça serve de leçon : faisons attention à ne pas sauter aux conclusions trop rapidement quand on voit une vidéo en ligne. Un peu de retenue collective, ça aiderait beaucoup dans ces circonstances. »
Une policière grièvement blessée et critiquée
La policière en question a été grièvement blessée lors de l’intervention. Selon le chef Dagher, elle a subi de multiples opérations et a traversé une période de coma. Malgré ces séquelles, la direction du SPVM soutient que son comportement sur les lieux a été professionnel et exemplaire.
Les images circulant sur les plateformes montrent l’agente pointant brièvement son pistolet vers un civil qui sortait d’un abri, ce qui avait alimenté l’hypothèse selon laquelle ses tirs auraient atteint la victime. Les analyses balistiques excluent désormais cette possibilité, établissant que les projectiles mortels proviennent de l’assaillant.
Conséquences internes et évocations publiques
La révélation des résultats scientifiques a provoqué un soulagement au sein du corps policier, mais relance aussi le débat sur la rapidité et la nature des jugements portés sur les agents en intervention lorsque des vidéos sont partagées massivement. Le chef Dagher a rappelé la vulnérabilité humaine des intervenants et le besoin de prudence dans l’évaluation des séquences filmées au moment des événements.
- Fusillade: 22 juin, quartier Côte‑des‑Neiges (Montréal).
- Victime décédée: Michel Mizrahi.
- Analyses: LSJML conclut que les projectiles meurtriers proviennent de l’assaillant.
- Policière: grièvement blessée, a subi plusieurs opérations et un coma; critiquée sur les réseaux avant la sortie des analyses.
| Élément | Situation |
|---|---|
| Date de l’incident | 22 juin |
| Laboratoire ayant réalisé les analyses | LSJML |
| Conclusion balistique | Projectiles attribués à l’assaillant |
Au‑delà du cas individuel, l’affaire soulève des questions plus larges sur la manière dont les extraits vidéo sont interprétés hors contexte et sur les effets immédiats de ces circulations massives sur la réputation et la sécurité des intervenants. Le chef Dagher a invité les citoyens et les médias à exercer davantage de retenue avant de tirer des conclusions.
La situation reste sujette à l’évolution de l’enquête et à d’éventuelles démarches judiciaires en lien avec la fusillade. Pour l’instant, les autorités scientifiques ont clarifié la chaîne balistique des projectiles impliqués dans le décès de M. Mizrahi, ce qui modifie substantiellement l’évaluation médiatique initiale de l’intervention policière.
Sur le plan institutionnel, cette affaire pourrait alimenter des réflexions sur la formation des agents à la gestion des crises et sur les protocoles de communication en situation de violence urbaine, tandis que les réseaux sociaux continuent d’imposer leur rythme à l’actualité sécuritaire.